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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 15:03
Le Cannabis Provoque La Neurogenèse – La Fin D’une Propagande Anti-Cannabis
Une étude menée en 2005 par l’Université de la Saskatchewan au Canada a brisé le mythe selon lequel la marijuana provoque des lésions cérébrales. Les chercheurs ont constaté qu’un “High” de THC provoque en fait le développement de nouvelles cellules cérébrales.

 

La Neurogenèse

Le processus de croissance dans les cellules du cerveau est la “Neurogenèse”. La neurogenèse désigne l’ensemble du processus de création d’un neurone fonctionnel du système nerveux à partir d’une cellule souche neurale. L’auteur de l’étude Zhang Xia a expliqué à l’époque qu’un composé synthétique de THC comme celui utilisé dans l’étude, augmente de 40% la formation des cellules du cerveau, dans la région du cerveau responsable de la mémoire, de l’apprentissage et de l’émotion appelé l’hippocampe.

Zone De La Mémoire, L’hippocampe

Mais le THC n’est évidement pas le seul cannabinoïde qui aide le cerveau à se développer. Selon une étude menée au Brésil et publiée dans « The International Journal of Neuropsychopharmacology« , le CBD (cannabinol) peut aussi y contribuer

Contribution Du CBD

Pour étudier les effets du CBD sur l’anxiété et la dépression, les chercheurs se sont tournés vers la source concernée, à savoir la partie du cerveau appelé l’hippocampe. Chez l’adulte c’est la seule partie du cerveau qui peut continuer à croître. Bien que des études statistiques ont déjà constaté que le CBD contribue à améliorer les symptômes liés à la dépression, l’étude universitaire nous explique pour la première fois le mécanisme.

En Route Vers Un Traitement De La Maladie D’Alzheimer

Les chercheurs ont constaté que le CBD et le THC provoquent une génération de cellules dans la région de l’hippocampe. Le CBD provoque la neurogenèse,  le cannabis crée et ne détruit pas les cellules du cerveau, ce qui est prouvé de nos jours pour la maladie d’Alzheimer et les dommages de l’alcool.

Charlotte’s Web

Le CBD a prouvé son action significative dans le traitement de l’épilepsie, réduisant l’impact et la fréquences des crises. Charlotte du Colorado est un cas devenu célèbre; une petite fille qui souffrait de grave crises épileptiques. Les frères Stanley ont testé sur elle une variété de marijuana riche en CBD (à 17%), et donc très faible en THC (0.5%). Immédiatement, son comportement d’autiste a disparu, son esprit a retrouvé sa clarté et Charlotte n’était plus sujette aux crises.

Matt Figi Qui Câline Sa Fille Charlotte De 7 Ans Qui Est Atteinte Du Syndrome De Dravet, Une Forme Grave D’épilepsie.

Après ce fulgurant constat; les frères ont entrepris de nommé la variété en l’honneur de cette petite fille: La « Charlotte’s web« . Cette variété de cannabis est aujourd’hui reconnu à travers tous les États-Unis, réputée comme leur “Hippie’s Disappointment”, une référence au fait que le CBD ne défonce pas les gens et qu’il peut convenir aux enfants.

Film Éponyme Du Livre Pour Enfant

Les composés actifs du cannabis peuvent provoquer la neurogenèse; ce qui contredit  totalement cette vieille propagande, comme quoi le cannabis fait pourrir le cerveau…

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 14:53
Un tétraplégique retrouve l'usage de son bras grâce à une neuroprothèse
VIVE LA SCIENCE !
 
Un Américain tétraplégique peut à nouveau utiliser son bras et sa main droite pour boire ou manger, grâce à une neuroprothèse. Ce dispositif, qui rétablit une connexion entre le cerveau et les muscles, est une première médicale.
 
Cette avancée remarquable réalisée aux États-Unis (Cleveland) dépend d'un dispositif qui contourne la lésion de la colonne vertébrale en utilisant des fils, des électrodes et des logiciels informatiques pour reconnecter le cerveau et les muscles de son bras paralysé. « À notre connaissance, c'est le premier exemple au monde d'une personne atteinte d'une paralysie totale, complète », utilisant directement la pensée pour déplacer le bras et la main jusqu'à effectuer des « mouvements fonctionnels », a déclaré un des auteurs de l'étude, le docteur Bolu Ajiboye, à l'AFP.
 
Le patient âgé de 56 ans, Bill Kochevar, tétraplégique, blessé au niveau de la quatrième vertèbre cervicale, a deux boîtiers sur la tête et 192 micro-électrodes implantées chirurgicalement dans son cerveau, qui enregistrent les signaux que sa matière grise envoie lorsqu'il imagine bouger le bras et la main. Avec ce dispositif expérimental, ses muscles reçoivent des instructions par le biais de 36 électrodes implantées dans son bras et son avant-bras : il peut ainsi l'utiliser pour boire une gorgée de café, se gratter le nez et manger de la purée de pommes de terre. Bill Kochevar, qui a reçu ses implants intracérébraux fin 2014, est en outre équipé d'un bras mobile de support, également sous le contrôle de son cerveau, qui l'aide à surmonter la gravité qui l'empêcherait de lever le bras pour que sa main puisse saisir la fourchette et la tasse.
 
Des recherches précédentes s'appuyaient sur des éléments similaires de neuroprothèse. L'an dernier, le cas d'un jeune Américain, Ian Burkhart, avait été rapporté. Il avait réussi à se servir de sa main grâce à une interface cerveau-ordinateur, mais il souffrait d'une paralysie moins sévère, selon les auteurs de la nouvelle étude. Dans d'autres cas, des participants ont pu contrôler un bras robotique en utilisant leurs signaux cérébraux.
 
Comme lors d'autres expériences de ce genre, le patient doit, pour pouvoir le contrôler, regarder son bras pour connaître sa position. Avec la paralysie, il a en effet perdu cette capacité de savoir, inconsciemment, où se trouvent ses membres.
 
Pour quelqu'un qui a invalide depuis plusieurs années et « qui ne pouvait pas bouger, être capable de bouger juste ce petit peu est impressionnant », a déclaré Bill Kochevar. « C'est mieux que ce que je pensais », a-t-il ajouté.
 
 

Des mouvements possibles uniquement au laboratoire

 
Cette étude est innovante car c'est la première fois que l'on fait état d'une personne exécutant des mouvements fonctionnels, multi-articulations (main, coude, épaule, NDLR) avec un membre paralysé grâce à une neuroprothèse motrice, souligne Steve Perlmutter (université de Washington) dans un commentaire publié avec l'article dans la revue médicale The Lancet« Cependant, ce traitement n'est pas prêt d'être utilisé en dehors du laboratoire », poursuit ce spécialiste. Sans l'interface cerveau-machine, il était incapable d'effectuer des mouvements utiles, ajoute-t-il.
 
Les mouvements sont encore lents et approximatifs, écrit-il en pointant les nombreux obstacles qu'il reste à surmonter en matière de neuroprothèses, dont la miniaturisation de dispositifs qui devront être aussi suffisamment bon marché et robustes pour être largement accessibles. « Néanmoins, c'est une démonstration passionnante », ajoute Steve Perlmutter en prédisant un brillant avenir aux neuroprothèses pour surmonter la paralysie.
 
Bolu Ajiboye en convient. Selon lui, ce système, pour fonctionner dans la vie courante, a besoin d'améliorations, concernant notamment la durée de vie et la puissance des implants cérébraux, ainsi que la possibilité de se passer de fils et de disposer au final d'un système « complètement implantable » sans fils ni boîtiers extérieurs.
 
Un patient tétraplégique retrouve l’usage partiel de ses mains
 
Article de WASHINGTON-AFP paru le 16 mai 2012
 
Première mondiale : un patient tétraplégique a retrouvé une légère mobilité manuelle grâce à une intervention chirurgicale visant à rebrancher un nerf. Le patient, un homme de 71 ans, a pu se nourrir seul et écrire quelques mots avec un peu de soutien. Une expérience réussie qui pourrait se répéter.
 
Des médecins américains ont pour la première fois permis à un homme paralysé à la suite d'une blessure à la colonne vertébrale de retrouver l'usage de ses mains, grâce à une technique consistant à rebrancher des nerfs, selon une étude parue mardi aux États-Unis.
 
Les chirurgiens ont attaché un nerf de ce patient qui ne fonctionnait pas, et qui contrôle normalement le mouvement de pincement de l'index et du pouce, à un autre nerf encore actif situé dans l'avant-bras. Ce nerf permet de bouger l'épaule.
 
Après plusieurs mois de rééducation, l'homme de 71 ans a pu se nourrir seul et même écrire avec un peu d'aide, précisent les médecins dans l'étude, parue dans le Journal of Neurosurgery.
 

Une nouvelle technique contre certaines paralysies

 
Le patient était devenu tétraplégique à la suite d'un accident de la route. Son tronc était partiellement paralysé. « Cett e procédure n'est ni onéreuse, ni compliquée », note l'une des auteurs, Susan Mackinnon, de la faculté de médecine de l’université de Washington à Saint-Louis, qui a mis au point cette technique et effectué l'intervention chirurgicale.
 
 
Principe de l'opération. Le patient a la vertèbre C7 brisée, ce qui rend inopérant le nerf situé en dessous, impliqué dans la mobilité manuelle. En le rebranchant à partir d'un nerf fonctionnel, et suite à une longue rééducation, le patient a retrouvé l'usage partiel de ses mains. © Eric Young 
 
La blessure du patient se situe dans la vertèbre la plus basse du cou. Chez les personnes blessées plus haut dans le cou, une telle intervention ne pourrait probablement pas rétablir le mouvement des mains et des bras, selon ces médecins.
 
Les progrès du patient sont encourageants, d'autant que cette intervention a eu lieu deux ans après son accident, et après huit mois de thérapie pour qu'il commence à bouger les doigts.
 

Un réel espoir pour les personnes tétraplégiques

 
Cette opération expérimentale « suscite l'espoir que des personnes ayant la même blessure à la colonne vertébrale pourraient bénéficier de la même intervention » estime Lewis Lane, chef de la chirurgie des mains à l'hôpital de l'université North Shore à New York, qui n'a pas participé à cette opération. « Le fait de connaître un tel succès est inhabituel chez une personne de 71 ans. Les individus plus âgés ont généralement moins de potentiel pour régénérer leurs tissus nerveux », ajoute-t-il.
 
Environ 12.000 personnes subissent des blessures de la moelle épinière chaque année aux États-Unis.
 
Vidéo:  1 min 09  (À visualiser sur la page de l'article)
 
Une neuroprothèse contre la paralysie de la main  Des singes, comme celui à l’image, paralysés au niveau du poignet et de la main sont parvenus à retrouver 80 % de leur dextérité manuelle grâce à une neuroprothèse.
 
Article en anglais:  Paralysed man moves arm using power of thought in world first

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 20:04
Ne rien faire ? Une activité vitale ! Explications d’un neuropsychologue
 
 
 
Ça n'est pas une blague. Si l'on veut permettre à notre cerveau de faire le point sur notre vie, il faut s'aménager des temps de paresse absolue.
 
Ne rien faire est souvent mal vu. Pourtant, c’est indispensable à notre survie ! Ce ne sont pas des paresseux qui l’affirment, ce sont les scientifiques ! Si l’on veut vivre longtemps (et heureux), il faut parfois flemmarder un maximum. Une information vitale à ne pas prendre à la légère !
 
Quand nous ne faisons rien, notre cerveau se met en mode « par défaut » : il fait le tri entre toutes les informations dont il dispose. Et ça, c’est absolument nécessaire. Explications avec le professeur Francis Eustache, neuropsychologue au CHU de Caen :
 
Vidéo accessible à partir de la page de l’article  (01 mn 20)
 
Avec cette vidéo, plus personne ne pourra vous faire de reproches : si vous rêvez derrière votre bureau ou que vous restez vautré dans votre canapé, c’est que vous êtes tout simplement en « mode survie » !
 
Bref, une nouvelle de premier ordre à faire tourner au plus vite !

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 09:04
Garder un cerveau éternellement jeune, c'est possible !

http://m.levif.be/actualite/sante/garder-un-cerveau-eternellement-jeune-c-est-possible/article-normal-418035.html?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=vif

Pierre-Marie Lledo dirige le laboratoire de recherche "Perception et mémoire" à l'Institut Pasteur à Paris. Il est aussi président de la Commission scientifique en neuroscience du Fonds de la recherche scientifique (FNRS) de Belgique. Dans Le Cerveau sur mesure, ouvrage passionnant rédigé avec Jean-Didier Vincent (1), son ancien mentor, il nous apprend que notre cerveau n'est pas un organe figé et qu'il évolue tout au long de la vie. Rencontre à l'Institut Pasteur.

Le Vif/L'Express : On nous a toujours dit que notre cerveau perdait 100 000 neurones chaque jour. Selon vous, c'est un mythe. Pourquoi ?

Pierre-Marie Lledo : Le singe naît avec un cerveau "fini", déterminé par l'héritage des gènes de l'espèce à laquelle il appartient. Chez l'homme, en revanche, le cerveau est inachevé à la naissance et continue à se construire grâce à l'environnement. Comme disait Kant, l'homme naît deux fois, à la naissance puis avec son apprentissage. Dans les années 1970, les pédopsychiatres Françoise Dolto et Jean Piaget ont décrit l'acquisition des fonctions mentales par paliers. Ainsi, de 0 à six mois, on apprend à mouvoir ses membres, à partir de six mois commencent les babillements, etc. Selon les pédopsychiatres de l'époque, durant l'enfance, le cerveau passe par des phases critiques. S'il n'est pas stimulé, l'enfant ne parlera pas. Ce phénomène a été très bien raconté dans le film L'Enfant sauvage, de François Truffaut, tiré d'une histoire vraie. A l'issue de cette période critique, on a prétendu que les circuits nerveux impliqués dans une fonction mentale précise (langage, calcul, etc.) se figeaient car ils avaient atteint leur maturité. A partir de 25 ans, non seulement il ne produisait plus de neurones juvéniles, mais notre cerveau commençait à les perdre. Or c'est un mythe. Je vais vous le prouver avec un exemple que je donne souvent : le cerveau de Glenn Gould, le célèbre pianiste canadien, décédé en 1982. Ecoutez bien ces deux enregistrements, très différents, des Variations Goldberg de Bach [ pendant quelques minutes nous regardons et écoutons le pianiste]. Le premier enregistrement date de 1959. Gould a 27 ans. Il regarde la partition et joue avec son cerveau d'expert, son geste est planifié et précis comme celui d'un horloger suisse. Dans son jeu intervient le cortex, l'une des trois couches du cerveau, où est logée, notamment, la planification du geste. Le second enregistrement date de 1981. La durée a doublé, le jeu est plus lent, plus profond, plus coloré et plus intériorisé. Pour cela, Gould va chercher de l'information dans son système limbique, une autre couche du cerveau placée sous le cortex, siège entre autres de nos émotions. Qu'est-ce que cela signifie ? Que notre mode de vie et nos expériences s'inscrivent plus ou moins durablement dans les connexions et les contacts de nos neurones. Plus on utilise de circuits, plus le nombre de contacts augmente. Dans le cerveau des pianistes, les aires qui commandent les doigts ont bien plus de contacts et sont plus développées que les mêmes régions corticales des non-mélomanes.

D'où votre thèse que le cerveau adulte est doué d'une neuroplasticité ?

Oui, le cerveau évolue, les circuits se modifient. Nos circuits nerveux à l'instant où je vous parle ne sont pas les mêmes que ceux d'il y a une heure. Quand on connaît la capacité du cerveau adulte, quel que soit l'âge, à se reconfigurer, on est conscient du fait qu'on doit chercher à le stimuler. La neuroplasticité ouvre de nouveaux champs à la stimulation sensorielle. Faire face à la nouveauté, s'enrichir, rechercher le bien-être et le plaisir, stimuler les systèmes de récompense qui libèrent la dopamine, le neurotransmetteur du plaisir, c'est excellent pour le cerveau ! Stimulé en permanence, le cerveau devient malléable, souple et flexible, de plus en plus reconfigurable. Dans certaines structures cérébrales, on produit de plus en plus de neurones et de contacts. Regardez Stéphane Hessel, 95 ans, le philosophe Michel Serres, 82 ans ou l'écrivain Jean d'Ormesson, 87 ans. Les gens qui sont stimulés, et en permanence dans le bien-être, restent jeunes mentalement tout au long de leur vie. A l'inverse, les individus qui entrent dans la routine très tôt, qui n'ont pas de surprises et n'ont aucune motivation dans la vie, perdent la plasticité de leur cerveau. Le cerveau d'un dépressif est figé. Aucun jeune neurone n'a pas été décelé chez les suicidés souffrant d'une dépression chronique depuis des années. Il y a donc une corrélation directe entre le nombre de contacts, de stimuli et le nombre de neurones. Les personnes qui ont une extraordinaire capacité de s'adapter au monde qui change en permanence sont celles qui montrent une plus grande faculté de neuroplasticité.

Quelles sont les conditions pour produire de nouveaux neurones ?

Les stimulations nouvelles, le plaisir, la curiosité et l'émerveillement. Cela dit, tous les plaisirs n'ont pas le même degré du bénéfice. Quand on lit un livre, l'imaginaire s'emballe et on engage 85 % de son activité mentale. Quand on regarde un film, en restant passif, seulement 15 % de l'activité mentale est en action. Pauvre cerveau dans ce cas...

Que faire pour maintenir son cerveau en forme ?

Dans ma "boîte à outils", il y a cinq remèdes. Tout d'abord, il faut stimuler son cerveau en permanence, ne jamais cesser d'apprendre, quels que soient l'âge et les disciplines. Ensuite, il faut savoir juguler la pollution sonore et visuelle. Nous sommes soumis à une overdose d'informations et d'images. C'est un véritable tsunami. Quelqu'un qui est scotché en permanence à Internet pour être au courant de tout ce qui se passe dans le monde stimule ses émotions qui se traduisent par des bouffées d'adrénaline, mais certainement pas la raison. Certes, il "sait". Or il faut refuser de savoir. Il faut plutôt chercher à comprendre. Surfer sur Internet pour juste s'émouvoir, ça ne sert à rien. Tout comme il ne sert à rien de regarder les chaînes télé qui cherchent à parler à notre système limbique. Troisièmement, il faut comprendre que certains médicaments dopants peuvent aider mais ne suffisent pas. Il faut avoir une éthique, une hygiène de vie, savoir juguler le flot des états d'âme négatifs. En quatrième lieu, il faut prendre conscience du fait que tout ce que nous faisons laisse toujours des traces dans le cerveau. Il faut savoir et accepter que les activités physiques et mentales sont indispensables pour garder la plasticité cérébrale à son niveau optimum. Le cinquième point est très important. Le cerveau de l'être humain se nourrit des nourritures affectives de l'Autre. On a découvert dans le cerveau des neurones "miroirs". Le partage du plaisir avec l'Autre et de l'empathie favorise les sensations de bien-être. La plus grande stimulation pour le cerveau reste donc l'Autre !

Quels sont les facteurs nuisibles pour le cerveau ?

Le stress chronique, la dépression, la sédentarité et l'isolement. Une personne qui se retrouve à la retraite à 65 ans, sans vie de couple ou sans vie de famille, qui s'enfonce dans la routine, qui n'a pas une vie sensorielle et affective très riche et dont le cerveau n'est plus correctement stimulé, se trouve condamnée. Son système immunitaire va s'effondrer.

On dit souvent que nous n'utilisons pas notre cerveau de façon optimale. Pourquoi ?

Notre société du XXIe siècle ne le permet pas. On préfère des individus inscrits dans la routine, des consommateurs que l'on guide par le bout du nez. La société ne cherche pas à ce que nous soyons soumis à des stimulations différentes. Nos organes sensoriels fonctionnent au ralenti. Les mêmes images sont présentes partout. Les odeurs sont gommées ou standardisées. Le toucher a disparu. Sur le plan mental, nous devons faire face à une pensée automatique d'où la réflexion est absente. S'y ajoute la sédentarité. Or il est prouvé que vingt minutes d'activité physique par jour sont nécessaires pour booster le cerveau. Comment en est-on arrivé là ? A l'issue de la Seconde Guerre mondiale, les économies ont changé. On s'est intéressé à la consommation. Notre société ne sait plus penser autrement que par la consommation et, tout cela, pour avoir une économie forte. Revers de la médaille ? Aujourd'hui, en tout cas en France, 10 à 15 % des gens sont traités par des antidépresseurs. Et malheureusement, cette façon de vivre s'exporte vers les pays émergents, notamment la Chine. Résultat ? En 2050, nous serons très certainement confrontés à un gros problème de la santé mentale au niveau mondial.

Le dopage cérébral est-il soluble dans la société ? Autrement dit, y a-t-il des médicaments capables de doper le cerveau ?

Mais ça existe déjà et depuis très longtemps ! Le premier dopage, c'est la lecture. A l'origine, le cerveau n'est pas fait pour lire. L'autre exemple du dopage : l'informatique. Les molécules capables de doper l'intelligence ou la mémoire existent déjà. Certaines sont détournées. On peut citer les molécules destinées à soigner les troubles du sommeil, comme l'hypersomnie, par exemple, qui est un sommeil excessif ou encore la narcolepsie, maladie où l'on souffre d'accès brusques de sommeil. Ces molécules visent à prolonger l'état de veille. Les traders, notamment, y font appel. Il y a des formes de dopage qui sont acceptées et d'autres que l'on condamne. Le phénomène mérite d'être discuté car il engendre l'injustice. Selon diverses enquêtes réalisées sur les campus universitaires aux Etats-Unis, 30 % des étudiants recourent déjà au dopage cérébral, en se procurant illégalement des molécules pour stimuler leur vigilance ou doper leurs performances avant un examen ou un concours. En pratique, cela signifie que 30 % des étudiants sont privilégiés car mieux armés. Faut-il permettre l'utilisation de dopants à tout le monde ? La question se pose...

Y a-t-il une relation entre la pratique régulière de la méditation et l'activité cérébrale ?

Les performances sont augmentées mais il n'y a pas d'effet direct. Pour être bénéfique à l'activité mentale, il faut que le cerveau soit entraîné à la méditation pendant des dizaines de milliers d'heures. La méditation fait disparaître certains effets négatifs du stress chronique et autres états émotionnels. Quand vous êtes stressé, par exemple, les glandes surrénales sécrètent massivement le cortisol, l'hormone du stress. Or, lorsque l'on médite, le niveau de cortisol est réduit pratiquement à zéro. Cela dit, les recherches sur la plasticité cérébrale déclenchée par la méditation ne sont pas encore très avancées. Mais cela débute...

Quelques mots sur le neurofeedback, que vous appelez la nouvelle gonflette cérébrale ?

Le neurofeedback offre la possibilité de voir l'activité mentale sur un support matériel. Autrement dit, on voit sa pensée se matérialiser par un son ou un tracé qui apparaît sur un écran. L'intérêt ? Grâce à cette technique, on peut contrôler ses états mentaux, y compris certaines fonctions dites inconscientes. Le neurofeedback est testé pour l'instant sur le plan clinique et s'adresse surtout aux enfants atteints de déficit attentionnel.

En conclusion, c'est quoi un cerveau sur mesure ?

Nous sommes à l'aurore de la troisième révolution de l'humanité. La première révolution pour l'humanité s'est déroulée lorsque l'on a su transformer la matière en énergie, avec la découverte du feu par exemple. Lors de la deuxième révolution, survenue au XIXe siècle avec la révolution industrielle, on a inventé la machine qui a permis de transformer l'énergie en travail. La troisième révolution, celle que nous vivons en ce moment, voit la possibilité de transformer la pensée en action. Des robots pourront obéir à des impulsions envoyées par le cerveau grâce à un système d'électrodes et un dispositif que l'on qualifie d'interface cerveau-machine. On pourra donner l'ordre au robot, à distance, de nous apporter un verre d'eau, par la seule force de notre esprit. Correctement stimulés, les circuits du cerveau se débrouillent et se reconfigurent sans cesse pour trouver toujours de nouvelles solutions. Cela me rappelle le fameux adage d'Erasme : On ne naît pas homme, on le devient !

PROPOS RECUEILLIS PAR BARBARA WITKOWSKA

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 10:44

 

La force du neurofeedback 

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-la-force-du-neurofeedback-28331.php


Sébastien Bohler

Comment se calmer lorsqu'on est énervé après une dispute ? Selon des neuroscientifiques de l'Université de Virginie, une méthode d'avenir pourrait être le neurofeedback, un terme que l'on pourrait traduire par « rétrocontrôle neuronal ». De quoi s'agit-il ? Lorsque nous ressentons une émotion, notre cerveau active certaines zones telle l'amygdale cérébrale, plaque tournante des émotions dans le cerveau. L'idée consiste à observer l'activité de cette zone cérébrale grâce à un appareil d'imagerie et, à partir de cette référence, à s'efforcer d'augmenter ou de diminuer le signal observé sur l'écran, selon que l'on souhaite inhiber ou amplifier l'émotion ressentie.

Par exemple, un souvenir de vacances peut faire émerger une émotion positive, de joie, de bonheur ou de détente. L'activité de l'amygdale de l'hémisphère gauche augmente, comme cela a été observé dans l'étude de Vadim Zodev et de ses collègues. Si l'on donne aux sujets la possibilité d'observer en direct cette petite augmentation de leur amygdale gauche sur un écran, comme cela est possible grâce à l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle en temps réel, les participants peuvent s'entraîner à amplifier cette activation cérébrale. Ils procèdent initialement à tâtons, par exemple en essayant de se rappeler d'autres événements positifs liés au premier, accumulant ainsi les stimulus positifs. La variation du signal à l'écran leur indique quelle évocation mentale est la plus efficace pour amplifier l'émotion positive. De cette façon, ils parviennent à optimiser l'activité de leur amygdale gauche, associée au sentiment positif. L'expérience a montré que les bénéfices de l'entraînement sont stables : leur cerveau a appris à trouver le chemin des émotions positives.

Cette méthode offre de nouveaux espoirs pour le traitement des troubles de l'émotion, comme on en rencontre dans les cas de stress post-traumatique : les personnes ayant vécu des événements traumatisants perdent souvent le contrôle de leur amygdale cérébrale, qui fait surgir des sentiments négatifs d'angoisse ou de panique. La possibilité de visualiser l'activité de sa propre amygdale permettrait au patient de disposer d'un repère objectif pour tenter de garder cette activité dans des limites normales.


 
L'auteur:
Sébastien Bohler est journaliste à Cerveau & Psycho

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 15:05

 

Qu'est-ce qu'un connectome ?

"Les technologies qui visent à observer des connectomes nous permettront en fin de compte de déchiffrer les erreurs de câblage dans le cerveau, de repérer les désordres mentaux dans les connectomes".

 
Pour en savoir plus, visionnez la vidéo ci-dessous, de Sébastian SEUNG
 
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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 14:09

 



http://www.dureveauconcret.com/2011/07/26/connaissez-vous-la-neuroplasticite/



Est-ce que les neurones changent ? Si on perd une capacité neurologique, est-ce qu’on peut la récupérer ? Est-ce que les neurones ducerveau peuvent être remplacés ? Si vous êtes un bon élève de Biologie ou de Médecine, vous répondrez non ! Si vous suivez l’actualité et les travaux les plus récents en neuroscience, vous répondrez tout à fait le contraire !

Aujourd’hui, des laboratoires par ci et par là tentent de montrer que le cerveau peut toujours récupérer des fonctions jugées jusqu’à maintenant par les médecins perdues à jamais comme les paralysies et les déformations au niveau du cerveau. Norman Doidge a réuni un bon nombre de ces travaux dans son livre extraordinaire : Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau : Guérir grâce à la neuroplasticité

Ce que Norman montre dans son livre est que les cas des personnes qui se rétablissent ou récupèrent des fonctions perdues à jamais ne sont plus des cas exceptionnels ou miraculeux. En effet, des laboratoires trouvent que le cerveau et les neurones peuvent se réorganiser, se réactiver et adopter des fonctions différentes. Autrement dit, le cerveau n’est plus finalement comme votre unité centrale de votre PC ! Il peut changer, réactiver ou désactiver des zones pour s’adapter à de nouvelles réalités. C’est ce qu’on appelle la Neurplasticité.

Cela me fait penser à la patte à modeler. Si vous lisez le livre de Norman ou regardez les reportages qu’il a réalisé sur les cas qu’il a traité dans son bouquin, vous allez comme moi, vous rendre compte que nous avons finalement un cerveau qui ressemble à la patte à modeler ! Il se forme et se reforme et change de structure et d’architecture en permanence. C’est une révolution dans le monde de la neuroscience et de la médecine !

Tous les chercheurs qui travaillent sur la Neuroplasticité sont d’accord sur le fait que le premier obstacle qui empêche les gens à avoir accès à leur flexibilité cervicale est la croyance que leur cerveau est figé et qu’une fois il perd une faculté, il ne peut plus changer ou évoluer. Les personnes qui sortent chez le médecin après une paralysie ou accident neurologique, reçoivent toujours le conseil d’apprendre à vivre avec à vie !

Si vous constatez que votre personnalité a changé récemment ou si votre comportement prend une allure à laquelle vous n’avez pas l’habitude ou si vos pensées ont changé, et bien c’est parce que votre cerveau évolue et s’adapte parfois sans que vous le fassiez de votre propre gré. C’est la Neuroplasticié :)

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 16:48
Un article très intéressant concernant toutes les erreurs que nous pouvons commettre.
 

Nous nous croyons libres de choisir et de décider. En réalité, nous sommes sous influence. Pour nous libérer, apprenons à identifier les biais qui faussent le jugement.

"Je me suis trompé !" Par cette déclaration au JT de 20 heu­res, à la mi-mars, Carlos Ghosn reconnaissait avoir accusé à tort trois cadres, licenciés pour espionnage industriel sur la foi de «preuves multiples». Comment un dirigeant de ce calibre a-t-il pu se méprendre ainsi pendant des semaines ? "Le patron de Renault et son staff ont été aveuglés, avance Luc de Brabandere, directeur associé du Boston ­Consulting Group. La piste de l’espionnage industriel n’étant pas impossible, ils ont interprété chaque élément du dossier sous cet angle, jusqu’à y croire pour de bon."

 

Personne n’échappe à ces processus mentaux, souvent inconscients, qui faussent notre perception de la réalité. Les travaux du psychiatre américain Aaron Beck sur les schémas de pensée dans les années 1960, puis ceux des psycho­logues américains Amos Tversky et Daniel Kahneman ont théorisé le rôle des "biais cognitifs" et leur impact sur notre raisonnement. "Ces raccourcis mentaux ont un gros avantage : celui de nous permettre d’évaluer rapidement une situation", explique Pascal Van­cut­sem, fondateur de Coaching & Performance.

 

Le cortex préfrontal, qui nous aide à prendre du recul, est alors court-circuité et nous allons puiser directement des données dans le cerveau néolimbique, siège de notre vécu, de nos connaissances, de nos émotions… Résultat : en un centième de seconde, nos neurones orientent no­tre décision. Mais voilà, ces biais cognitifs peuvent aussi nous induire en erreur et nous amener à prendre la mauvaise décision. S’il est difficile de s’en affranchir, les connaître permet au moins de réduire leur influence. On en compte pas moins d’une soixantaine ! Nous présentons ici les plus fréquents d’entre eux.

 

 

Le biais d’ancrage ou l’art de s’accrocher à son premier jugement

La première idée ou la première impression n’est pas toujours la plus judicieuse. C’est pourtant ce que le biais d’ancrage nous laisse croire. Prenons l’exemple d’un candidat qui arrive avec quelques minutes de retard à un entretien. En tant que recruteur, vous ne pourrez vous empêcher d’en con­clure, un peu vite, qu’il ne sera jamais ponctuel. Et cette ­étiquette sera difficile à retirer.

 

Sachez-le : le biais d’ancrage se manifeste de façon très forte avec les chiffres. "Le cerveau se fixe sur une valeur et n’en dévie plus, observe Patrick Amar, coach de di­rigeants chez Axis Mundi et au­teur de “Psychologie du manager” (Dunod). Si, lors d’une né­gocia­tion salariale, vous annoncez un chi­ffre, votre interlocuteur l’ancrera dans son esprit comme un maximum et vous aurez du mal à revenir en arrière ou à partir sur une autre base." Mo­ralité : dès qu’il est question de chiffres, évitez de parler le premier !

 

 

Le biais de disponibilité ou la difficulté d’intégrer une information nouvelle

"Près de 300.000 exemplaires bons à jeter !" Cette directrice marketing ne décolère pas. La revue qu’elle tient entre les mains a été réalisée sur papier mat et non sur papier brillant, comme prévu. En cause, plusieurs allers-retours avec l’imprimeur, des changements d’avis successifs sur le for­mat, les couleurs, la typogra­phie ou la qualité du papier. Mais surtout un biais : celui de dis­­po­­ni­bilité. Après bien des ter­giver­sa­­tions, l’imprimeur et elle s’étaient mis d’accord pour revenir aux pa­ra­mètres initiaux. Tout semblait clair et maîtrisé. "Au­cun d’eux n’a vu que la mention “papier mat”, un temps envisagée, était restée sur le devis, ­rapporte Mary Gohin, psycho­logue et coach. L’information “pa­pier brillant”, choisie à cha­­que numéro, était si an­crée dans leur esprit qu’ils ont cru la voir et sont passés à côté de leur erreur."

 

C’est ce même biais qui nous fait manquer le panneau "sens interdit" lorsque nous prenons une rue jusqu’alors ouverte à la circulation. Logique : nous privilégions les éléments familiers, ré­cur­rents ou récents, au point de ne pas voir certains changements.

 

 

Le biais d’attribution ou la propension à tirer des conclusions hâtives

"Il est sympa, cet Eric. C’est un boute-en-train et un excellent me­neur d’équipe !" Ce dirigeant d’une grande banque est sorti d’un séminaire de «team building» ébloui par l’un de ses managers, avec qui il venait de réaliser un jeu de construction. Au point de décider, quelques mois plus tard, de le nommer directeur d’une entité. Il n’a pas tardé à s’en mordre les doigts. "En interrogeant son équipe, nous avons découvert qu’il se comportait en bourreau", raconte Arnaud Gilberton, ­manager chez IDRH (conseil) et chargé du coaching d’Eric avant son entrée en fonction.

 

Motif de cette er­reur de casting : une décision prise à partir d’impressions saisies dans un contexte non professionnel. Les chercheurs appellent cela l’er­reur fondamentale d’attri­bution. "Pour apprécier un com­­por­­te­ment, résume Patrick Amar, nous tendons à sous-estimer l’impact du contexte, plus com­plexe à analyser, pour nous focaliser sur ce qui est immédiatement visible et en attribuer l’origine à l’individu." Ainsi, c’est la situation de jeu, plus que le caractère d’Eric, qui avait séduit le dirigeant.

 

 

Le biais de confirmation ou la persévérance dans l’erreur

"Ce biais-là peut faire des ravages", prévient Luc de Brabandere. En témoigne l’affaire d’espionnage chez Renault, désastreuse en termes d’image. Ce biais pousse l’individu à interpréter des informations de manière qu’elles corroborent son hypothèse initiale. Inconsciemment, il élimine celles qui l’infirment et retient (ou grossit) celles qui la confirment.

 

Convaincu de la supériorité d’Apple, Christophe Plassard, le patron d’une PME de création gra­phique, a ainsi décidé il y a quelques mois d’acquérir un logiciel de comptabilité de cette marque. Il a commencé par télécharger une version d’essai. N’étant confronté à aucun problème, il n’a pas remis sa décision en cause et a contacté son fournisseur. Ce dernier ne s’est pas étonné de son choix, ce qui l’a renforcé dans ses certitudes.

 

Lorsqu’il a fait appel à un expert pour former sa comptable et qu’il a vu l’homme ­patauger, il a conclu naturellement à un manque de compétences. Sans se douter que le problème venait du logiciel, en réalité inadapté à ses besoins. Il lui a fallu quinze jours pour en prendre conscience.

 

Christophe Plassard, heureusement, a été assez lucide pour ne pas s’obstiner. Car le biais de con­fir­mation peut vite muer en une escalade de l’engagement. Le prin­cipe : on persévère dans l’erreur, sans tenir compte des signaux, et même lors­qu’on commence à dou­ter. Reconnaître sa défaillance signifierait non seulement qu’on a pris une mauvaise décision mais aussi qu’on s’est entêté : dévastateur pour l’image. C’est cette spirale infernale qui a conduit des dirigeants de la Nasa, pourtant alertés sur des problèmes techniques, à procéder au lancement de la navette «Challenger» en 1986. Elle a explosé au décollage.

 

 

Le biais de cadrage ou l’influence du vécu sur nos jugements ou nos perceptions

"A2M1 !" Le texto envoyé par un collègue a paru limpide à ce cadre : "J’ai décrypté : à deux mètres dix." Mais, ne voyant pas son inter­locuteur à proximité, il est resté per­plexe. De fait, le texto signifiait "à demain". Chacun inter­prète les messages en fonction de ses schémas de pensée, de son édu­cation et de ses connaissances, mais aussi de son vécu et de son ex­­périence. On a tendance à ne voir que ce qui a du sens pour nous. Quitte à reproduire ­certains ­systématismes face à une situation qui semble connue et à prendre toujours les mêmes décisions. "Nous réagis­sons selon un cadre cogni­tif dont nous avons du mal à nous défaire, observe Mary Go­hin. Paresseux, le cerveau préfère rester dans sa zone de confort."

 

Certains métiers abordent les si­tuations avec le prisme de leur expertise. Le patron de l’éditeur de logiciels LQC, Laurent Quivogne, en a fait l’expérience avec ses équipes d’informa­ticiens : «Il leur arrive de faire des raccourcis : un jour, face à un client – un réseau de franchises –, ils ont conclu qu’à un restaurant correspondait un gérant. Or certains gérants avaient plusieurs en­tités, d’autres en cogéraient une seule. Il a fallu réécrire une partie du logiciel !»

 

 

Le biais de stabilité ou le danger d’écarter les hypothèses improbables

Cette erreur survient dès qu’une référence chiffrée, une statistique par exemple, est jugée a priori indiscutable et que tout le monde est persuadé qu’il ne faut pas en dévier. "Cela n’a jamais eu lieu, il n’y a pas de raison que la tendance change…" Le pire n’étant jamais ­envisagé, rien n’est prévu si la situation finit par arriver. Les ­conséquences peuvent être tragiques, comme en témoignent les événements récents au Japon. Le mur de protection de la centrale de Fukushima avait été conçu au regard des tsunamis qui avaient frappé la ­région depuis 1960 : aucun n’avait dépassé les 6 mètres de haut. Celui qui a déferlé le 11 mars en fai­sait 14. Curieusement, on n’a pas tenu compte du fait qu’une va­gue avait atteint 28 mètres en 1933 et une autre 38 en 1896.

 

Mê­me type de scénario avec la ma­rée noire dans le golfe du Mexi­que au printemps 2010 : la plate-forme pétrolière louée par BP pour forer un puits à des profondeurs encore jamais atteintes a explosé, causant des fuites massives d’hy­dro­car­bu­re. Pour Tony Hay­ward, le ­patron de BP à l’époque, il n’y avait qu’une chance sur 1 million pour qu’un tel accident survienne.

 

 

Le biais d’autorité ou la crainte de contredire le chef ou l’expert

Par définition, le chef a toujours raison et sait mieux que les autres. Résultat, nous hésitons à contredire un supérieur ou un expert, même si nous avons des doutes. Ainsi, dans l’affaire du Mediator, des scien­­­­ti­fi­­­ques se sont tus face à des pa­trons de laboratoire qui soutenaient que leur médicament ne présentait au­cun danger. Le pro­cès d’Outreau est une autre illustration des effets tragiques que peut avoir ce biais. "Le juge n’a pas mis en doute l’expertise des psychiatres, qui n’ont eux-mêmes pas remis en cause les déclarations des enfants, explique Mary Gohin. Car il était inimaginable qu’un en­fant mente sur des faits aussi graves. Dans cette affaire, la parole des en­fants faisait donc elle aussi autorité."

Marie-Madeleine Sève

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 14:53



http://toutsurlachine.blogspot.com/2011/04/comment-muscler-son-cerveau-helene.html


Hélène Vissière

Neurosciences. La gymnastique cérébrale pour être plus heureux ? Les bouddhistes montrent la voie.

Tout est parti d'une expérience surprenante. Il y a quelques années, des scientifiques de l'université du Wisconsin découvrent, en étudiant le cerveau de moines tibétains plongés dans une méditation profonde, une puissante activité dans la région préfrontale gauche du cortex, siège des émotions positives. Et ce n'est pas tout. Ils produisent aussi des ondes cérébrales gamma incroyablement fortes, preuve d'une activité mentale exceptionnelle. Du jamais-vu. Ces vingt dernières années, de nouvelles techniques d'imagerie médicale, comme l'IRM, ont révélé la neuroplasticité du cerveau humain. Contrairement à ce que l'on a longtemps cru, la masse cérébrale ne se fige pas à l'âge adulte, mais elle change constamment tout au long de notre vie. Modelée par les expériences que nous faisons, les apprentissages, notre plasticité cérébrale crée de nouveaux réseaux neuronaux.

Par exemple, les chauffeurs de taxi londoniens, qui doivent mémoriser le tracé tortueux des rues, développent un hippocampe plus volumineux que la moyenne, car ils exercent davantage la région du cerveau chargée de la mémoire visio-spatiale. Les musiciens professionnels ont un cortex plus dense que la normale, justement dans la zone qui contrôle les mouvements des doigts, et affichent une activité plus élevée dans la région du cerveau qui pilote la fonction auditive. Tandis que, chez les aveugles de naissance, la région chargée de la vision est réaffectée à la fonction auditive.

« Cela montre que, si l'on entraîne son cerveau, on peut arriver à le modifier tout comme on augmente la taille de ses muscles en soulevant des poids », explique Rick Hanson, coauteur d'un livre intitulé «Le cerveau de Bouddha», qui vient de paraître aux éditions Les Arènes [Coécrit avec Richard Mendius, neurologue, « Le cerveau de Bouddha » (Les Arènes, 280 p. , 22,80 E)].« Bouddha est né avec un cerveau comme le vôtre, explique ce neuropsychologue, professeur de méditation et boud-dhiste.Mais, au fil du temps, il a réussi, en maîtrisant ses pensées, à le façonner pour atteindre la sagesse. Pourquoi alors ne pas s'en inspirer et apprendre à remodeler notre cerveau ?L'enseignement de Bouddha est très pragmatique : " Je suis un humain comme vous, je n'ai pas de super-pouvoir. Si j'y arrive, vous pouvez y arriver aussi." » Le livre propose ainsi une série d'exercices mentaux destinés à stimuler les états cérébraux positifs
 et à nous mettre sur la voie du bonheur, de l'amour et de la sagesse !

A condition de surmonter d'abord quelques handicaps... Nous souffrons tous, par exemple, d'un « déséquilibre neurologique ». Le cerveau a une mauvaise manie. Il enregistre, stocke et se rappelle davantage les expériences désagréables que les événements heureux.« Dans un couple, il faut au moins cinq interactions positives pour compenser les effets d'une seule interaction négative. Le cerveau agit comme du Velcro sur les expériences négatives et comme du Teflon sur les positives. » La faute à notre cerveau préhistorique.« Initialement, le penchant négatif est une fonction de survie. » Si on se rappelle les dangers passés, on reste sur le qui-vive et on se donne ainsi une chance d'échapper aux périls futurs. Sauf que cette capacité, taillée pour l'homme des cavernes il y a un million d'années, se révèle contre-productive aujourd'hui, car elle favorise la peur, la colère, l'anxiété, avec un cortège d'effets nocifs sur la
 santé.

« Apaiser le feu ». La bonne nouvelle, c'est qu'il existe de multiples façons de transformer son cerveau, estime l'auteur.« D'abord, il faut comprendre la manière dont il marche. Si vous achetez un magnétoscope, vous lisez le mode d'emploi. Pour le cerveau, il est important de savoir qu'une action répétée va graduellement modifier un penchant négatif. » Une fois informé, reste à changer d'attitude.« Les gens savent bien qu'ils doivent s'entraîner pour jouer au golf ou conduire une voiture. Mais ils ne pensent pas qu'il soit nécessaire de s'entraîner pour gérer ses réactions émotionnelles ou développer ses capacités de sagesse. C'est pourtant la même chose : il faut faire des efforts. » Deux astuces parmi d'autres : six fois par jour, rappelez-vous un moment heureux - un bon petit plat, un coucher de soleil... - et faites-le durer dans votre tête. Ou encore, pour calmer votre stress, cultivez le sentiment que l'on tient à vous,
 que l'on vous apprécie. Le vendeur de sandwichs, vos amis, votre chat... ils vous aiment tous !

Enfin, il faut apprendre à « apaiser le feu ».« Le système nerveux a tendance à s'enflammer très vite. Le rythme de la vie moderne et le flot d'informations dont on bombarde notre cerveau ne sont absolument pas naturels. Nos ancêtres n'avaient pas à s'inquiéter du stress chronique, car ils mouraient à 35 ans, mais si l'on veut vivre longtemps, on doit apprendre à calmer son corps en le relaxant. » Le livre donne des clés simples pour apprendre à méditer mais aussi à calmer son stress au quotidien. Comme d'inspirer et d'expirer profondément plusieurs fois par jour, de relaxer tous ses muscles des paupières à la mâchoire, de se passer les mains sous l'eau chaude, de visualiser des images apaisantes comme un lac de montagne ou un champ de fleurs. Autant de « refuges » qui aident à se ressourcer et à développer un sentiment de sécurité.

Mais, finalement, tout le monde peut-il vraiment se doter du cerveau d'un athlète olympique de l'entraînement mental tel que Bouddha ?« Bouddha veut dire "l'éveillé ". Dans un sens, nous pouvons tous développer un esprit de plus en plus éveillé, mais cela prend du temps, peut-être toute une vie », affirme Rick Hanson. Lui, après des années de « travail intense », assure qu'il se sent plus heureux, plus affectueux et qu'il s'énerve moins facilement. Même sa femme le reconnaît !« Quand on accroît son niveau de bien-être, on devient plus résistant aux difficultés. On peut mieux contrôler son esprit, sa vie. On n'est plus un clou, mais un marteau... »


Bon pour les neurones

Manger beaucoup de légumes, de fruits et des protéines (essentiellement du poisson) à chaque repas.

Éviter le sucre (les boissons sucrées) et les aliments fabriqués à partir de farine raffinée (pain blanc, pâtes...).

Attention aux allergènes tels que le lait de vache, le soja, les céréales à gluten (blé, avoine, seigle...).

Le cerveau en chiffres

1,5 kilo, soit 2 % du poids total du corps.

Consomme 20 à 25 % de l'oxygène.

1 100 milliards de cellules.

100 milliards de neurones, reliés par une centaine de milliers de synapses.

Chaque neurone émet un signal 5 à 50 fois par seconde.

Note : « Le cerveau de Bouddha » (Les Arènes, 280 p. , 22,80 E).

© 2011 Le Point. Tous droits réservés.

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 21:46

Des scientifiques ont découvert un gène capable d'allonger l'espérance de vie tout en assurant un vieillissement plus serein et en bonne santé.

 

La fontaine de jouvence ne serait qu'un mythe ; pas tant que ça au regard de cette dernière découverte réalisée par des chercheurs du Laboratoire de biologie moléculaire de la cellule. Ces derniers révèlent dans la revue Plos Biology l'existence d'un puissant gène de la longévité, nhr-80, impliqué dans de nombreux processus liés au métabolisme et à la résistance au stress. De ce fait, leur manipulation a de profondes conséquences sur la qualité du vieillissement.

L'équipe du Laboratoire de biologie moléculaire de la cellule (CNRS/Ecole normale supérieure de Lyon/Université Claude Bernard Lyon 1) menée par Hugo Aguilaniu a effectué des tests sur C. elegans, un ver modèle très utilisé par les généticiens, dépourvu de ses tissus reproducteurs [Ndlr : leur suppression induit aussi une augmentation de leur durée de vie]. En mutant le gène nhr-80, les vers ne voient pas leur longévité augmenter. Pour ceux, qui ont ce même gène surexprimé, leur longévité explose de 150%. 

 

Pour les scientifiques, nhr-80 place sous tutelle des gènes très importants. Ils ont découvert le gène fat-6 codant pour une enzyme capable de transformer un acide gras saturé (l'acide stéarique) en un acide gras insaturé (l'acide oléique). Les vers nématodes ayant ce gène fat-6 muté n'ont plus une progression de leur espérance de vie. Par conséquent, reste à déterminer comment une augmentation du taux d'acide oléique induit une réponse adaptative débouchant sur une longévité accrue.

 

Dès que les mécanismes induits par les gènes nhr-80 et fat-6 seront connus et compris, les chercheurs espèrent mettre au point des médicaments capables de lutter rapidement contre un ensemble des maladies liées à la vieillesse comme la neurodégénérescence, les cancers, l'ostéoporose...

 

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