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  • : Le blog de Françoise
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  • : Ma nation, c'est l'infini. Aller au-delà des frontières, terrestres, planétaires, galactiques, ethniques, culturelles, génétiques, sexuelles et autres, c'est le début de la liberté et de l'amour universel. My nation is the Infinite. To go beyond terrestrial, planetary, galactical, ethnic, genetic, sexual and others frontiers. This is the beginning of freedom and universal love.
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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 10:45

...

- C’est un cadeau qu’elle vous fait pour que vous l’adoptiez. Et puis, comme ça, les souris n’ont qu’à bien se tenir. Avec Renata chez vous, plus de problème de ce côté-là.

- Renata ?

- Euh ! Oui ! C’est un joli prénom pour un félin aussi formidable. Qu’en pensez-vous ?

- Ma foi, c’est une bonne idée. Excusez-moi, Lisa, mais je dois aller leur chercher du mou.

La jeune femme s’éloigna non sans avoir échanger un regard complice avec la chatte. Le père bourru n’allait pas garder son surnom bien longtemps. L’amour venait de germer au fond de lui.

Quant à la jeannette, elle n’en revint pas. Son petit bout de terrain resplendissait maintenant de centaines de tournesols qui avaient poussé comme par enchantement à une vitesse inexplicable. Les voilà même qui offraient leurs premières graines aux oiseaux qui se donnaient le mot pour accourir et s’empiffrer de tant de vitamines. Certains piafs avaient le culot de pénétrer dans sa maison et de lui chanter, sans doute, leurs remerciements, lui offrant ses plus belles joies.

Alexis, toujours avide de potins, lui fit l’honneur d’une interview en exclusivité. La dame renaissait et reprenait goût à la vie. Enfin, on s’intéressait à elle. Une grande partie de ses voisins et parfois de plus loin faisait le détour pour contempler les fleurs et demander quelques plants pour leurs propres cultures. Le temps approchait ou les anti-dépresseurs qu’elle prenait ne seraient plus que lointains souvenirs.

Quelque part, dans la forêt, sous le regard perçant de Victorius, Lisa, silencieuse, écoutait attentivement Agathine.

- J’ai suivi avec intérêt tout ce que tu as fait depuis un mois. Victorius, mon fidèle compagnon m’a tout rapporté.

Elle gratifia le rapace de quelques gratouilles comme pour sceller leur indéfectible amitié.

- C’est vrai qu’être une apprentie fée n’est pas de tout repos. Cependant …

Lisa retint son souffle. Aie ! L’hésitation qu’elle ressentait dans ces derniers mots ne présageait rien de bon.

- Cependant, tu as commis deux erreurs. Entre nous, j’aurais certainement fait comme toi. Le gâteau laxatif, j’en ai tellement ri.

Malgré l’apparente sévérité dans son langage et son comportement, la vieille dame savait détendre l’atmosphère.

- Pour l’extinction de voix, pauvres femmes !.... Tout ça pour te dire que je suis fière de toi, petite fée.

Comme par miracle, la tension s’évanouit et la jeune femme recouvra le sourire.

- Même si tu dois tout tenter pour ne pas te laisser faire, se venger de la sorte n’est pas digne d’une fée, car ton rôle est d’apporter le bonheur, uniquement du bonheur … et de l’amour !

Lisa acquiesça.

- Surtout, laisse s’épanouir la fée qui grandit au fond de toi et n’oublie pas qu’elle est fragile et ne doit sortir que la nuit comme tu l’as si bien fait jusqu’à présent.

Agathine se leva, fouilla dans un meuble et revint aussitôt.

- Voilà ! Proposa-t-elle en tendant sa main fermée, paume vers le ciel. Elle est pour toi ! La route sera longue pour en obtenir d’autres.

Emue, Lisa n’osait approcher l’objet tant convoité. L’aboutissement et le symbole pour elle de tant d’efforts et de doutes. Voilà enfin sa récompense. Solennellement, les doigts se déplièrent un à un, dévoilant une magnifique nymphéa en jade, stylisée et nimbée d’un éclat brillant. Suspendu au bout d’un fin ruban de velours noir le bijou scintillait de mille feux. Lisa s’en empara précautionneusement et l’attacha à son cou gracile. Le pendentif émit, pendant quelques instants, une lumière dorée avant de s’éteindre temporairement.

De retour à la maison des Souleyrac, la jeune fée ne cachait pas sa satisfaction et son bonheur.

- Eh ! Quel beau bijou ! Remarqua tout de suite Estelle en petite fille coquette. C’est quoi ?

- Un cadeau ! Répondit Lisa en l’entourant d’une main protectrice. Le plus beau des cadeaux. Si tu veux, je te dirais comment faire pour en obtenir un, mais il faudra le mériter. …. En attendant que diriez-vous si je vous faisais un bon gâteau ?

Les deux enfants se regardèrent hésitants.

- Sans pruneaux ! Une tarte à la fraise accompagnée de crème chantilly et de glace à la vanille, ça vous dirait ?

Ils sautèrent de joie. Avant de regagner la cuisine ou ils l’avaient déjà précédée, Lisa lança discrètement, d’un geste souple, quelques graines dans un coin du jardin.

- Ca manque d’oiseaux par ici.

Comme par magie, celles-ci s’enfoncèrent d’elles-mêmes, déjà prêtes à s’épanouir sous forme de fleurs du soleil.

FIN

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 09:03

... Le soir venu, Alexis exposa son idée.

- Cette fois-ci, on suit la luciole… Estelle, tu sais ce qu’il te reste à faire ?

A l’autre bout du portable, la fillette approuva. Comme elle le faisait maintenant chaque nuit, la lumière s’infiltra par une fente des volets et prit son envol. Elle tournoya quelques instants au-dessus de la tête des enfants, à la manière d’un moustique énervant avant de virer de bord et de s’éloigner à une allure foudroyante. Bien évidemment, personne ne put la suivre. Lisa, quant à elle, dormait tendrement dans son lit, selon les dires d’Estelle.

- On sait maintenant que ce n’est pas elle qui se transforme, conclut Alexis pourtant insatisfait.

La journée qui suivit fut mémorable pour les enfants Souleyrac. Du matin au soir, pris d’une diarrhée incompréhensible, ils n’arrêtèrent pas de visiter les toilettes à de multiples reprises, devant parfois se retenir quand l’un d’eux occupait les lieux tant convoités.

- Je ne comprends pas ! S’étonna innocemment Lisa. Ce doit être les pruneaux.

Une semaine s’écoula, sans histoire. Monsieur Souleyrac fut ravi de retrouver sa petite famille et de passer quelques vacances bien méritées. Cependant, Estelle et Alexis devenaient de plus en plus suspicieux envers la jeune femme qu’ils soupçonnaient même d’avoir voulu les empoisonner. Pour regagner leur amitié et éviter tout quiproquo, Lisa fit le premier pas de la réconciliation.

- Je propose qu’on fasse la paix. Si tu veux, je suis prête à répondre à une interview.

Alexis, qui n’en crut pas ses oreilles, accepta sur le champ. Ils s’installèrent dans un coin ombragé et Lisa accepta d’être prise en photo. Elle anticipa certaines interrogations.

- Ce sont mes oreilles qui te gênent ? Demanda-t-elle en les découvrant.

Légèrement élancées vers le haut, ses lobes n’en demeuraient pas moins esthétiques.

- Tu sais, je suis née comme cela, je n’y peux rien.

La confiance se restaura rapidement, malgré des questions parfois indiscrètes.

- Et la luciole ? Celle qui sort chaque soir de ta chambre ?

Lisa émit son sourire enchanteur comme elle en avait le secret. En fait, elle faisait sortir les vers luisants qui avaient élu domicile dans la pièce, rien de plus. Même s’il doutait de la véracité de cette explication, le jeune reporter, sous le charme, s’en contenta.

La vie poursuivit paisiblement son cours au village. Thérésa une copine de Madame Souleyrac lui fit une visite impromptue. Elle paraissait nerveuse.

- Tu es ma meilleure amie, se lança-t-elle. Tu dois savoir.

Devant l’étonnement de Madame Souleyrac, elle poursuivit, non sans avoir jeté un rapide coup d’œil autour d’elle pour s’assurer qu’elles étaient bien seules.

- On dit que ton mari….. et Lisa …. !

La mère d’Alexis éclata de rire.

- Franchement ! Je peux t’assurer que ce n’est pas le cas et je suis bien placée pour le savoir. Je parie que c’est encore un coup des sœurs pipelettes ?

Tout en haut de l’escalier, Lisa avait tout entendu.

- Les pipelettes ! Elles portent tellement bien leur nom. Moi, je les qualifierai plutôt d’empoisonneuses de vie.

Effectivement, combien de drames, de malentendus, voire pire, auraient pu être évités si des rumeurs non fondées et propagées par des êtres mal dans leur peau n’avaient pas vu le jour.

- Je vais m’occuper d’elles, affirma la jeune femme.

Un flash traversa ses yeux.

Les jours suivants eurent leur lot d’intrigues et alimentèrent abondamment la rubrique «faits divers » du petit Alexis, tout heureux de parfaire sur le terrain son éducation journalistique. Ce matin-là, on n’y cru pas du tout. L’endroit réservé où trônaient Rose et Maria, les commères, demeurait étrangement vacant. Comme si leur présence paraissait indispensable et qu’elles constituaient une partie du décor, on alla s’enquérir de leurs nouvelles. Cloîtrées chez elles avec une extinction de voix subite, elles avaient préférées se cacher, honteuses et fort malheureuses de ne plus pouvoir sortir un mot. Tandis que beaucoup jubilaient sur leur sort et manifestaient un contentement non dissimulé, d’autres, plus enclin aux commentaires, prenaient le relais.

Pendant ce temps, bien à l’abri derrière une botte de paille, Renata, la chatte, mettait au monde ses petits, dans la grange du père bourru. Un aboiement de chien attira celui-ci sur place. Vite fait, bien fait, il chassa le cabot qui semblait vouloir s’attaquer à la portée. A la vue des bébés chats, encore aveugles, il grommela dans sa barbe. Renata, avec ses yeux implorants, miaulait comme pour demander une protection. Bien embêté, Victor ne pouvait se résoudre à chasser ces frêles animaux à peine nés.

- Ok ! Se résigna-t-il. Mais dès que vous trotterez, tout le monde dehors !

Dès qu’il tourna le dos, le chien retourna près de la chatte qu’il lécha avec tendresse avant de repartir, heureux d’avoir pu contribuer à changer, un tant soit peu, le cours des choses.

Les événements se précipitèrent. Une semaine déjà que les commères ne pouvaient émettre un son. Le médecin lui-même n’y comprenait rien. Elles s’en trouvaient fort mal à l’aise.

Lisa rendit visite à Victor et trouva un homme au caractère adouci et littéralement pris d’affection pour Renata et ses chatons.

- Figurez-vous qu’elle me rapporte régulièrement des souris mortes....

A suivre...

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 13:40

Un froissement de feuilles les fit sursauter. Estelle qui ne voulait rien louper les rejoignit. Derrière les volets bleus fermés, des rais de lumière indiquaient que la jeune femme veillait encore. Quand subitement, ceux-ci doublèrent d’intensité jusqu’à devenir aveuglants. C’est alors qu’une minuscule luciole lumineuse sortit de la chambre et s’envola dans les airs. Les enfants demeurèrent pantois tandis que fusaient dans leurs esprits excités mille et une interprétations.

- C’est fabuleux ! Vous avez vu, elle s’est métamorphosée.

Estelle, la seule qui semblait garder les pieds sur terre haussa les épaules devant tant de bêtises.

- N’importe quoi ! Les vers luisants, vous connaissez ?

- Et la lumière qui a complètement envahi la pièce, c’est quoi ?

- On aurait dit un incendie.

Tout en évitant d’élever trop haut la voix, ils poursuivirent leur petite discussion animée pendant quelques minutes. Bien sûr, ils auraient aimé vérifier par eux-mêmes si Lisa se trouvait réellement endormie dans son lit, mais ils n’osèrent pas.

- Cette fille n’est pas normale, avança le frère. D’ailleurs, j’ai aperçu un jour ses oreilles particulières qu’elle cache sous ses longs cheveux noirs, même quand ils sont relevés.

Estelle et Mathew attendirent la suite.

- Je le jure sur la tête de maman, elles étaient pointues.

Un frisson leur parcourut l’échine, appuyé par le hululement soudain d’une chouette en quête de proie, tout près. Finalement ils se promirent de se retrouver le lendemain afin d’éclaircir ce qui devenait « le mystère Lisa ».

La tactique qu’Alexis finit par faire accepter consistait à épier la jeune fille dans ses moindres déplacements et dans la discrétion la plus absolue. A ce sujet, Mathew, enclin à commettre des imprudences, reçut sa leçon. Jamais leurs portables n’avaient autant été mis à contribution, y compris dans l’envoi constant d’SMS. Et la pauvre Madame Souleyrac ne se doutait pas encore de la note qu’elle aurait à s’acquitter à la fin du mois.

Cet après-midi, comme toutes les autres, apporta son lot de chaleur. Nonchalamment allongée sur la chaise longue, Lisa savourait l’ombrage de la tonnelle d’où s’épanouissaient en cascade des roses parfumées. L’attente s’avéra longue pour le frère et la soeur qui commençaient leur premier tour de garde, du haut de leur chambre d’où ils pouvaient tout observer dans cette partie du patio. La petite fille, somnolente, regrettait déjà sa sieste écourtée quand son frère la réveilla, d’un léger coup de coude.

- Eh ! Bonjour, Mademoiselle Renata ! Comment allez-vous ?

Une chatte au pelage noir et or venait de sauter sur les genoux de Lisa et quémandait de subtiles caresses.

- Vraiment ? A ce point ? Commenta-t-elle en réponse aux miaulements du félin.

Les yeux rivés sur la tonnelle, le frère et la sœur ne perdirent pas une miette de l’étrange conversation.

- Effectivement Renata, tu as raison. Mais comment vas-tu faire ?

Le regard de la chatte se planta dans celui de Lisa qui hocha positivement la tête pour approuver dans un large sourire.

- Je t’adore. Tu es la meilleure ! Ce plan est merveilleux.

Elle amena l’animal dans ses bras et la câlina encore plus. Renata, heureuse, ronronnait.

- Waouh ! S’exclama Alexis déconcerté. Lisa parle aux animaux !

Mais son intime conviction n’ébranla guère l’objectivité d’Estelle qui demeurait sceptique.

- Les enfants parlent peut-être aux animaux, observa justement Mathew venu les rejoindre plus tard. Mais pas les adultes. J’ai jamais vu ça.

Dès que le soleil eut relâché son emprise, la belle nounou sortit à nouveau et rendit visite à la Jeannette, une femme seule dont le comportement dépressif l’inquiétait.

- Oh ! Lisa, comme c’est gentil ! Votre venue est toujours un rayon de soleil pour moi.

Autour d’une tasse de thé à la bergamote et de quelques douceurs sucrées, les deux amies discutaient ou plutôt Jeannette parlait et son invitée tendait une oreille attentive et compatissante.

- Vous avez là un beau jardin … en friche. Pourquoi ne pas y planter des fleurs pour les abeilles et les oiseaux ? Faites-vous aider ?

Mais la vieille dame n’en ressentait pas la nécessité et surtout la volonté. La jeune fille déposa deux bises appuyées sur les joues de Jeannette et prit congé.

- Je reviendrais demain, c’est promis.

Ayant enfourchée son moyen de locomotion favori, elle choisit le sentier qui menait au domaine de Rochemont. Il y avait, en contrebas un très bel étang bien nommé le lac aux lotus sacrés. Car une grande partie était envahie par ces superbes plantes d’extrême orient et depuis, acclimatées en France. Leur floraison toute proche s’étendrait jusqu’à la mi-septembre. Il y avait dans cet endroit un foisonnement d’oiseaux, tels que canards, foulques et autres poules d’eau, constituant par cette occasion une réserve de chasse appréciable pour les habitants du coin. L’étonnante végétation apportait un caractère oriental à l’étendue d’eau.

Lisa n’avait que faire de l’interdiction de pénétrer dans ce domaine privé. Sans s’en inquiéter outre mesure, les gamins se hâtèrent de se cacher tout en l’observant se déshabiller et plonger dans sa tenue d’Eve. Comme hypnotisés, les garçons ne loupèrent rien du spectacle. Estelle qui n’appréciait pas trop cet intérêt typiquement masculin et mal placé selon elle, manifesta sa colère en les poussant dans l’eau avant de s’enfuir. Les joncs ne firent qu’amortir leur chute et les canards, dérangés, s’envolèrent en cancanant bruyamment. Lisa se retourna vivement les yeux scintillants.

- Les chenapans ! Vraiment, c’en est trop ! Se dit-elle avant de plonger et de disparaître dans les eaux redevenues calmes.

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 11:21

Le début d’après-midi marqua le commencement de la sieste quotidienne et certains habitants de Maupertuis cessèrent leurs activités pour plonger avec délices dans les bras de Morphée. Lisa en profita pour s’éclipser, ce qui suscita l’intérêt d’Alexis qui, guidé par ses intuitions constamment en éveil, jugea opportun de la suivre. Entre temps, Mathew, le complice de toujours le rejoignit.

- Je ne vois pas pourquoi vous souhaitez tant savoir ce qu’elle fait ? Remarqua Estelle

- C’est pour une édition spéciale du journal ! Répondit son frère. Tu n’as pas remarqué ? Ca fait maintenant presque une semaine que la mystérieuse pluie s’est produite et aussitôt après, Lisa arrivait à la maison et se faisait embauchée.

- Moi, je suis sûre que c’est parce qu’elle te plaît. Tu sais, je ne suis pas dupe.

- De toute façons, t’es pas obligée de venir !

Du haut de ses dix ans, la petite fille, les mains sur les hanches, ne s’en laissa pas conter.

- Si vous croyez que vous vous débarrasserez de moi, vous vous trompez. Je ne vais pas vous lâcher d’une semelle.

Pour rattraper le temps perdu, les trois enfants récupérèrent leurs vélos et retrouvèrent sans peine la piste de la jeune femme qui menait à la forêt voisine. Instantanément une pénombre rafraîchissante les enveloppa, accompagnée des bruits du sous-bois et des chants omniprésents des coucous. Dès qu’elle eut posé son bicycle à terre pour continuer à pied, ses poursuivants firent de même le plus discrètement possible avant de se tapir au cœur d’une grosse touffe de folles avoines.

- Mince alors ! Chuchota Mathew étonné. Elle connaît la mère nougatine !

C’était là le surnom, ma foi gentillet, qu’on donnait à Agathine, une dame, âgée selon certains de plus de 100 ans qui avait choisi de se retirer de la vie sociale et de la frénésie du village à la suite de la mort de son mari adoré. Son besoin de solitude soulevait, comme de bien entendu, de multiples propos et quolibets parfois mesquins. Tout en la gratifiant de sorcière, on ne manquait pourtant jamais de faire appel à ses dons quand il s’agissait de remettre une cheville foulée en place ou de faire taire une brûlure douloureuse. L’hypocrisie des gens était ainsi !

- Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Demanda Mathew. On s’approche ?

- T’es fou ! T’oublies Victorius ! Il est bien capable de détecter notre présence.

Estelle pouffa.

- Ne me dites pas que vous avez peur d’un faucon ?

Les deux amis la firent taire illico. Peu de temps après, la porte de la cabane ronde s’ouvrit. Dans un battement d’ailes, le volatile sortit et s’éloigna à tire d’ailes. Agathine remercia Lisa de s’être déplacée. Alexis, le doigt sur le bouton de l’appareil photo numérique emprunté à ses parents, semblait prêt à immortaliser le meilleur cliché de la rencontre.

- Maintenant, c’est à toi de jouer, petite fée, annonça la vieille dame.

Soudain, l’imprévisible se produisit. Une indésirable sonnerie de portable, pourtant agréable à l’oreille, retentit. Paniqué, Mathew se hâta de fouiller son sac à dos et d’éteindre l’infortuné téléphone, sous le regard foudroyant de son copain. Les trois gamins retinrent leurs souffles et évitèrent de bouger. Attirées par le bruit inhabituel, les deux femmes détournèrent la tête, tout en se doutant néanmoins de quoi il retournait. Agathine, bienveillante, prodigua ses derniers conseils.

- Méfies-toi des rumeurs ! Elles peuvent t’amener à faire des choses qui te dévieraient de ta véritable mission.

Remplie de tant de recommandations utiles, la jeune femme reprit la route guillerette. Le temps de jeter un coup d’œil furtif vers les fameuses graminées qu’une étincelle dorée surgissait dans ses pupilles, instantanément.

La chaleur qui s’abattit ce jour-là sur la région incita davantage au farniente. Fidèle à son habitude matinale, la pétillante Lisa se rendit au marché, son panier en osier au bras. Sa démarche élégante imposait l’admiration. Elle en profita pour faire un détour dans les étroites ruelles afin de saluer le père bourru. Ce nom, il le méritait bien. Vieilli avant l’âge, l’homme manifestait constamment sa mauvaise humeur. Jamais content, toujours bougon, il criait sur tout ce qui bougeait, surtout sur ses congénères. Pas question pour un simple escargot de s’installer dans son lopin de terre et de grignoter une de ses salades qu’il n’hésitait pas à asperger de produits au péril de sa santé d’ailleurs. Pas plus qu’il n’autorisait le moindre mulot à traverser sa maison, trouée de toute part. Quant aux chiens et chats qui s’aventuraient sur son territoire, je ne vous en dis pas plus.

- Bonjour, Monsieur Victor ! Comment allez-vous ?

Lisa, gentille, le gratifiait de délicates paroles en l’appelant par son véritable nom, même si elle savait pertinemment qu’elle ne recevrait aucune réponse. Tout juste un geste évasif de la main tant il semblait occupé à surveiller son carré de jardin.

- Si vous le désirez, je peux vous faire vos courses, offrit-elle. Cela vous évitera de rencontrer ceux que vous ne souhaitez pas voir.

- M’ouais ! J’vais réfléchir. En attendant, foutez-moi le camp ! Laissez-moi tranquille !

Lisa ne s’offusqua pas de cette agressivité et s’éloigna non sans lui avoir envoyer des vibrations d’amour et de compassion.

Enfin la fraîcheur d’une nuit qui s’annonçait sereine, succéda à la canicule du jour. Les chants des grillons se rythmaient harmonieusement avec les cris des prédateurs nocturnes. Le jasmin exhalait de tout son pouvoir envoûtant et embaumait l’atmosphère.

De nouveau camouflés derrière des buissons de romarin, cette fois-ci, les deux compères reporters se mirent à l’affût, juste en bas de la chambre de Lisa, située au premier étage. Selon Alexis, un bon journaliste se devait de suivre son instinct et celui-ci lui dictait d’espionner la jeune nounou...

A suivre...

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 13:31

Pendant cinq jours, je vais poster sur mon blog une nouvelle que j'ai écrite il y a quelques années et qui s'intitule "l'apprentie". J'espère qu'elle vous plaira. Voici la première partie :

L’apprentie

L’événement, exceptionnel en lui-même, fut rapporté dans le journal local. Une simple feuille de chou qui se voulait l’écho de tout ce qui se passait dans ce petit village du sud-ouest de la France, niché entre deux collines et entouré de forêts et de vertes prairies. « Une pluie d’anges déferle sur la région de Maupertuis et blanchit, le temps d’un coup de vent, la campagne et les alentours ».

C’était par une magnifique journée ensoleillée, comme peut l’être un début de juillet. Quand soudain un vent sec se leva. L’instant d’après des milliers de « petits anges », sans doute une variété de pollens d’une fleur composée particulière, d’un blanc duveteux, se déversaient tout en légèreté sur le sol, le recouvrant d’un blanc manteau. Les oiseaux eux-mêmes avaient cessé leurs chants mélodieux. Ce silence profond ne dura que quelques minutes mais les esprits furent marqués à jamais.

Alexis et Mathew, deux garnements d’une douzaine d’années eurent la chance d’en avoir été les témoins directs. Ce fut d’ailleurs Alexis, en futur reporter et rédacteur en chef du papier villageois qui relata l’éphémère pluie, accompagnée d’une photo explicite et troublante.

Si certains y détectaient un simple phénomène naturel, d’autres, plus superstitieux, y voyaient là un signe évident du ciel qui présageait une future malédiction ou autre catastrophe.

Comme neige qui fond au soleil, les mystérieux morceaux de végétaux se volatilisèrent aussi rapidement qu’ils étaient apparus, sans laisser une quelconque trace.

Les jours s’écoulèrent sans que le sujet ne tarisse et auquel répondaient des explications diverses. En cette matinée de marché, les discussions allaient bon train, alimentées de suppositions parfois farfelues.

- Moi, je vous certifie qu’il va se passer quelque chose à Maupertuis, c’est évident !

- Allez ! Cessez vos sornettes, mesdames ! Objecta un commerçant avec un accent agenais prononcé. Et reculez-vous un peu, vous gênez les passants, là.

Les bancs de primeurs, animés de mouvements et de couleurs, sentaient bon l’été, avec leurs fruits et légumes colorés et gorgés de soleil, à souhait.

Quand soudain, de nombreux regards se tournèrent en direction de la ruelle qui descendait sur la placette. Une ravissante jeune femme, toute de blanc vêtue, marchait d’un pas léger vers les étalages. Sa prestance et son charisme ne passaient pas inaperçus et généraient malencontreusement certaines jalousies, surtout parmi la gente féminine dont les maris, séduits par cette grâce féminine, ne pouvaient plus se détourner de l’inconnue.

- Fernand ! Vilipenda l’une d’elles. Occupes-toi des légumes.

Aussitôt les chuchotements et les rumeurs naissantes prenaient le dessus.

- C’est la famille Souleyrac qui l’a embauchée, parait-il. Comme s’ils avaient besoin d’une bonne.

- En tout cas, on m’a informé qu’elle cuisinait fort bien.

- C’est quoi son nom déjà ?

- Lisa….. Lisa Light

Imperturbable, Lisa poursuivit son bonhomme de chemin, offrant son sourire à ceux qui le souhaitaient, lançant des « bonjour » amicaux et bien intentionnés. Elle se doutait bien de l’effet qu’elle produisait et s’en émouvait peu.

Dans un coin de la place, confortablement installées sur deux chaises pliantes, deux vieilles femmes avoisinant allègrement les 80 ans, papotaient entre elles, ne prêtant guère attention au monde extérieur. Il ne fallait pas s’y tromper. En les observant attentivement comme le faisait Lisa, on ne manquait pas de remarquer leur manège et leurs regards fugaces virant de droite à gauche, avides de scènes ou de racontars. On les surnommait les pipelettes et leur unique passe-temps, dans leur vie, vide de passions et de rêves, consistait à colporter, voire créer les rumeurs.

- Alors, les pipelettes, vous avez probablement une opinion sur les « petits anges » ?

Mais elles ne daignèrent même pas répondre, trop occupées à bavarder, comme si leur vie en dépendait.

En fin de matinée, un délicieux fumet de poisson aux herbes embaumait la maison de la famille Souleyrac.

- Maman, maman ! C’est super ! S’écria Alexis en pénétrant en trombe dans la cuisine où Lisa et sa mère mettaient la dernière main au repas du midi. Figures-toi que le rédacteur en chef de la gazette de Villeneuve a été particulièrement interpellé par mon article sur les anges et il souhaite une collaboration avec moi.

- Mais c’est formidable, mon chéri ! Félicita la mère. En attendant, lave-toi les mains et va chercher ta sœur. On passe à table d’un instant à l’autre.

- C’est sûr ! Tu seras un grand journaliste, renchérit Lisa de sa voix mélodieuse.

Le garçon se hâta de sortir, comme s’il craignait que l’on remarque qu’il commençait à rougir.

Comme à chaque fois, personne ne laissa une miette du succulent repas.

- Papa rentre quand ? Questionna la petite Estelle

- Il m’a dit qu’il aura bientôt achevé son chantier et qu’il viendrait dès ce week-end.

Le flan aux poires caramélisées goulûment englouti, les enfants sortirent s’amuser dans le jardin. Madame Souleyrac ne tarissait pas d’éloges sur son employée.

- Je suis vraiment contente de vous, Lisa. Cela fait quatre jours que vous êtes ici et les enfants vous apprécient énormément.

Lisa accepta le compliment tandis que ses beaux yeux verts effilés en amande étincelèrent une fraction de seconde....

A suivre...

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 21:12

Je viens de retrouver, avec émotion, sur internet, l'une des premières nouvelles que j'avais écrite, il y a une dizaine d'années déjà. Le titre est "Zaltor ou la conscience humaine". Et je signais sous mon pseudonyme Lyanisis

 

 
Voici le début :
- Nous arrivons ! Annonça l'homme en secouant Alexanden par l'épaule.
le professeur et sa fille s'étaient endormis. L'un des hommes qui les accompagnaient ôta leurs bandeaux sur les yeux. Sophia s'étira.
- J'ai fait un rêve étrange ! déclara-t-elle. Je me trouvais dans un avion quand des crépitements présageaient que nous étions à court de carburant. Il y avait la jungle en dessous et nous nous écrasions !
- Cela aurait pu se produire. Nous sommes pratiquement à court de kérosène. Mais nous voilà à bon port ! lui répondit l'autre individu.
La jeune femme jeta un oeil par le hublot. Une masse vert sombre, imposante, s'étalait, embrumée d'un voile blanc, cotonneux.
- L'amazonie ! s'exclama-t-elle... Nous sommes au bout du monde !
...

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 14:16

En 2008, j’éditais un recueil de nouvelles « féêrêveries » aux Editions www.edilibre.com., surtout pour le plaisir afin de parachever un rêve d’écriture et d’édition.

 

Si vous le souhaitez, vous pouvez choisir une nouvelle parmi celles qui figurent dans le sommaire du recueil., selon votre intuition. Je vous l’enverrai gratuitement par retour de mail.  A tout de suite !

Lyanisis

Sommaire

 

L’apprentie

Les gardiennes du sanctuaire

Donnes une chance à ta vie

Ma nuit avec Miyou

La vibration magique

Sous le signe du papillon

Une fleur de délicatesse

L’homme de la montagne

Les héros de l’été

Sur la plage

Le révélateur

Prémices d’un nanomonde

Une journée de délices

L’inspiratrice

Pikouic, Zoum et les autres

La majestueuse

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