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  • : Le blog de Françoise
  • Le blog de Françoise
  • : Ma nation, c'est l'infini. Aller au-delà des frontières, terrestres, planétaires, galactiques, ethniques, culturelles, génétiques, sexuelles et autres, c'est le début de la liberté et de l'amour universel. My nation is the Infinite. To go beyond terrestrial, planetary, galactical, ethnic, genetic, sexual and others frontiers. This is the beginning of freedom and universal love.
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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 10:45

...

- C’est un cadeau qu’elle vous fait pour que vous l’adoptiez. Et puis, comme ça, les souris n’ont qu’à bien se tenir. Avec Renata chez vous, plus de problème de ce côté-là.

- Renata ?

- Euh ! Oui ! C’est un joli prénom pour un félin aussi formidable. Qu’en pensez-vous ?

- Ma foi, c’est une bonne idée. Excusez-moi, Lisa, mais je dois aller leur chercher du mou.

La jeune femme s’éloigna non sans avoir échanger un regard complice avec la chatte. Le père bourru n’allait pas garder son surnom bien longtemps. L’amour venait de germer au fond de lui.

Quant à la jeannette, elle n’en revint pas. Son petit bout de terrain resplendissait maintenant de centaines de tournesols qui avaient poussé comme par enchantement à une vitesse inexplicable. Les voilà même qui offraient leurs premières graines aux oiseaux qui se donnaient le mot pour accourir et s’empiffrer de tant de vitamines. Certains piafs avaient le culot de pénétrer dans sa maison et de lui chanter, sans doute, leurs remerciements, lui offrant ses plus belles joies.

Alexis, toujours avide de potins, lui fit l’honneur d’une interview en exclusivité. La dame renaissait et reprenait goût à la vie. Enfin, on s’intéressait à elle. Une grande partie de ses voisins et parfois de plus loin faisait le détour pour contempler les fleurs et demander quelques plants pour leurs propres cultures. Le temps approchait ou les anti-dépresseurs qu’elle prenait ne seraient plus que lointains souvenirs.

Quelque part, dans la forêt, sous le regard perçant de Victorius, Lisa, silencieuse, écoutait attentivement Agathine.

- J’ai suivi avec intérêt tout ce que tu as fait depuis un mois. Victorius, mon fidèle compagnon m’a tout rapporté.

Elle gratifia le rapace de quelques gratouilles comme pour sceller leur indéfectible amitié.

- C’est vrai qu’être une apprentie fée n’est pas de tout repos. Cependant …

Lisa retint son souffle. Aie ! L’hésitation qu’elle ressentait dans ces derniers mots ne présageait rien de bon.

- Cependant, tu as commis deux erreurs. Entre nous, j’aurais certainement fait comme toi. Le gâteau laxatif, j’en ai tellement ri.

Malgré l’apparente sévérité dans son langage et son comportement, la vieille dame savait détendre l’atmosphère.

- Pour l’extinction de voix, pauvres femmes !.... Tout ça pour te dire que je suis fière de toi, petite fée.

Comme par miracle, la tension s’évanouit et la jeune femme recouvra le sourire.

- Même si tu dois tout tenter pour ne pas te laisser faire, se venger de la sorte n’est pas digne d’une fée, car ton rôle est d’apporter le bonheur, uniquement du bonheur … et de l’amour !

Lisa acquiesça.

- Surtout, laisse s’épanouir la fée qui grandit au fond de toi et n’oublie pas qu’elle est fragile et ne doit sortir que la nuit comme tu l’as si bien fait jusqu’à présent.

Agathine se leva, fouilla dans un meuble et revint aussitôt.

- Voilà ! Proposa-t-elle en tendant sa main fermée, paume vers le ciel. Elle est pour toi ! La route sera longue pour en obtenir d’autres.

Emue, Lisa n’osait approcher l’objet tant convoité. L’aboutissement et le symbole pour elle de tant d’efforts et de doutes. Voilà enfin sa récompense. Solennellement, les doigts se déplièrent un à un, dévoilant une magnifique nymphéa en jade, stylisée et nimbée d’un éclat brillant. Suspendu au bout d’un fin ruban de velours noir le bijou scintillait de mille feux. Lisa s’en empara précautionneusement et l’attacha à son cou gracile. Le pendentif émit, pendant quelques instants, une lumière dorée avant de s’éteindre temporairement.

De retour à la maison des Souleyrac, la jeune fée ne cachait pas sa satisfaction et son bonheur.

- Eh ! Quel beau bijou ! Remarqua tout de suite Estelle en petite fille coquette. C’est quoi ?

- Un cadeau ! Répondit Lisa en l’entourant d’une main protectrice. Le plus beau des cadeaux. Si tu veux, je te dirais comment faire pour en obtenir un, mais il faudra le mériter. …. En attendant que diriez-vous si je vous faisais un bon gâteau ?

Les deux enfants se regardèrent hésitants.

- Sans pruneaux ! Une tarte à la fraise accompagnée de crème chantilly et de glace à la vanille, ça vous dirait ?

Ils sautèrent de joie. Avant de regagner la cuisine ou ils l’avaient déjà précédée, Lisa lança discrètement, d’un geste souple, quelques graines dans un coin du jardin.

- Ca manque d’oiseaux par ici.

Comme par magie, celles-ci s’enfoncèrent d’elles-mêmes, déjà prêtes à s’épanouir sous forme de fleurs du soleil.

FIN

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