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  • : Le blog de Françoise
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  • : Ma nation, c'est l'infini. Aller au-delà des frontières, terrestres, planétaires, galactiques, ethniques, culturelles, génétiques, sexuelles et autres, c'est le début de la liberté et de l'amour universel. My nation is the Infinite. To go beyond terrestrial, planetary, galactical, ethnic, genetic, sexual and others frontiers. This is the beginning of freedom and universal love.
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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 09:03

... Le soir venu, Alexis exposa son idée.

- Cette fois-ci, on suit la luciole… Estelle, tu sais ce qu’il te reste à faire ?

A l’autre bout du portable, la fillette approuva. Comme elle le faisait maintenant chaque nuit, la lumière s’infiltra par une fente des volets et prit son envol. Elle tournoya quelques instants au-dessus de la tête des enfants, à la manière d’un moustique énervant avant de virer de bord et de s’éloigner à une allure foudroyante. Bien évidemment, personne ne put la suivre. Lisa, quant à elle, dormait tendrement dans son lit, selon les dires d’Estelle.

- On sait maintenant que ce n’est pas elle qui se transforme, conclut Alexis pourtant insatisfait.

La journée qui suivit fut mémorable pour les enfants Souleyrac. Du matin au soir, pris d’une diarrhée incompréhensible, ils n’arrêtèrent pas de visiter les toilettes à de multiples reprises, devant parfois se retenir quand l’un d’eux occupait les lieux tant convoités.

- Je ne comprends pas ! S’étonna innocemment Lisa. Ce doit être les pruneaux.

Une semaine s’écoula, sans histoire. Monsieur Souleyrac fut ravi de retrouver sa petite famille et de passer quelques vacances bien méritées. Cependant, Estelle et Alexis devenaient de plus en plus suspicieux envers la jeune femme qu’ils soupçonnaient même d’avoir voulu les empoisonner. Pour regagner leur amitié et éviter tout quiproquo, Lisa fit le premier pas de la réconciliation.

- Je propose qu’on fasse la paix. Si tu veux, je suis prête à répondre à une interview.

Alexis, qui n’en crut pas ses oreilles, accepta sur le champ. Ils s’installèrent dans un coin ombragé et Lisa accepta d’être prise en photo. Elle anticipa certaines interrogations.

- Ce sont mes oreilles qui te gênent ? Demanda-t-elle en les découvrant.

Légèrement élancées vers le haut, ses lobes n’en demeuraient pas moins esthétiques.

- Tu sais, je suis née comme cela, je n’y peux rien.

La confiance se restaura rapidement, malgré des questions parfois indiscrètes.

- Et la luciole ? Celle qui sort chaque soir de ta chambre ?

Lisa émit son sourire enchanteur comme elle en avait le secret. En fait, elle faisait sortir les vers luisants qui avaient élu domicile dans la pièce, rien de plus. Même s’il doutait de la véracité de cette explication, le jeune reporter, sous le charme, s’en contenta.

La vie poursuivit paisiblement son cours au village. Thérésa une copine de Madame Souleyrac lui fit une visite impromptue. Elle paraissait nerveuse.

- Tu es ma meilleure amie, se lança-t-elle. Tu dois savoir.

Devant l’étonnement de Madame Souleyrac, elle poursuivit, non sans avoir jeté un rapide coup d’œil autour d’elle pour s’assurer qu’elles étaient bien seules.

- On dit que ton mari….. et Lisa …. !

La mère d’Alexis éclata de rire.

- Franchement ! Je peux t’assurer que ce n’est pas le cas et je suis bien placée pour le savoir. Je parie que c’est encore un coup des sœurs pipelettes ?

Tout en haut de l’escalier, Lisa avait tout entendu.

- Les pipelettes ! Elles portent tellement bien leur nom. Moi, je les qualifierai plutôt d’empoisonneuses de vie.

Effectivement, combien de drames, de malentendus, voire pire, auraient pu être évités si des rumeurs non fondées et propagées par des êtres mal dans leur peau n’avaient pas vu le jour.

- Je vais m’occuper d’elles, affirma la jeune femme.

Un flash traversa ses yeux.

Les jours suivants eurent leur lot d’intrigues et alimentèrent abondamment la rubrique «faits divers » du petit Alexis, tout heureux de parfaire sur le terrain son éducation journalistique. Ce matin-là, on n’y cru pas du tout. L’endroit réservé où trônaient Rose et Maria, les commères, demeurait étrangement vacant. Comme si leur présence paraissait indispensable et qu’elles constituaient une partie du décor, on alla s’enquérir de leurs nouvelles. Cloîtrées chez elles avec une extinction de voix subite, elles avaient préférées se cacher, honteuses et fort malheureuses de ne plus pouvoir sortir un mot. Tandis que beaucoup jubilaient sur leur sort et manifestaient un contentement non dissimulé, d’autres, plus enclin aux commentaires, prenaient le relais.

Pendant ce temps, bien à l’abri derrière une botte de paille, Renata, la chatte, mettait au monde ses petits, dans la grange du père bourru. Un aboiement de chien attira celui-ci sur place. Vite fait, bien fait, il chassa le cabot qui semblait vouloir s’attaquer à la portée. A la vue des bébés chats, encore aveugles, il grommela dans sa barbe. Renata, avec ses yeux implorants, miaulait comme pour demander une protection. Bien embêté, Victor ne pouvait se résoudre à chasser ces frêles animaux à peine nés.

- Ok ! Se résigna-t-il. Mais dès que vous trotterez, tout le monde dehors !

Dès qu’il tourna le dos, le chien retourna près de la chatte qu’il lécha avec tendresse avant de repartir, heureux d’avoir pu contribuer à changer, un tant soit peu, le cours des choses.

Les événements se précipitèrent. Une semaine déjà que les commères ne pouvaient émettre un son. Le médecin lui-même n’y comprenait rien. Elles s’en trouvaient fort mal à l’aise.

Lisa rendit visite à Victor et trouva un homme au caractère adouci et littéralement pris d’affection pour Renata et ses chatons.

- Figurez-vous qu’elle me rapporte régulièrement des souris mortes....

A suivre...

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