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  • : Le blog de Françoise
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  • : Ma nation, c'est l'infini. Aller au-delà des frontières, terrestres, planétaires, galactiques, ethniques, culturelles, génétiques, sexuelles et autres, c'est le début de la liberté et de l'amour universel. My nation is the Infinite. To go beyond terrestrial, planetary, galactical, ethnic, genetic, sexual and others frontiers. This is the beginning of freedom and universal love.
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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 11:21

Le début d’après-midi marqua le commencement de la sieste quotidienne et certains habitants de Maupertuis cessèrent leurs activités pour plonger avec délices dans les bras de Morphée. Lisa en profita pour s’éclipser, ce qui suscita l’intérêt d’Alexis qui, guidé par ses intuitions constamment en éveil, jugea opportun de la suivre. Entre temps, Mathew, le complice de toujours le rejoignit.

- Je ne vois pas pourquoi vous souhaitez tant savoir ce qu’elle fait ? Remarqua Estelle

- C’est pour une édition spéciale du journal ! Répondit son frère. Tu n’as pas remarqué ? Ca fait maintenant presque une semaine que la mystérieuse pluie s’est produite et aussitôt après, Lisa arrivait à la maison et se faisait embauchée.

- Moi, je suis sûre que c’est parce qu’elle te plaît. Tu sais, je ne suis pas dupe.

- De toute façons, t’es pas obligée de venir !

Du haut de ses dix ans, la petite fille, les mains sur les hanches, ne s’en laissa pas conter.

- Si vous croyez que vous vous débarrasserez de moi, vous vous trompez. Je ne vais pas vous lâcher d’une semelle.

Pour rattraper le temps perdu, les trois enfants récupérèrent leurs vélos et retrouvèrent sans peine la piste de la jeune femme qui menait à la forêt voisine. Instantanément une pénombre rafraîchissante les enveloppa, accompagnée des bruits du sous-bois et des chants omniprésents des coucous. Dès qu’elle eut posé son bicycle à terre pour continuer à pied, ses poursuivants firent de même le plus discrètement possible avant de se tapir au cœur d’une grosse touffe de folles avoines.

- Mince alors ! Chuchota Mathew étonné. Elle connaît la mère nougatine !

C’était là le surnom, ma foi gentillet, qu’on donnait à Agathine, une dame, âgée selon certains de plus de 100 ans qui avait choisi de se retirer de la vie sociale et de la frénésie du village à la suite de la mort de son mari adoré. Son besoin de solitude soulevait, comme de bien entendu, de multiples propos et quolibets parfois mesquins. Tout en la gratifiant de sorcière, on ne manquait pourtant jamais de faire appel à ses dons quand il s’agissait de remettre une cheville foulée en place ou de faire taire une brûlure douloureuse. L’hypocrisie des gens était ainsi !

- Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Demanda Mathew. On s’approche ?

- T’es fou ! T’oublies Victorius ! Il est bien capable de détecter notre présence.

Estelle pouffa.

- Ne me dites pas que vous avez peur d’un faucon ?

Les deux amis la firent taire illico. Peu de temps après, la porte de la cabane ronde s’ouvrit. Dans un battement d’ailes, le volatile sortit et s’éloigna à tire d’ailes. Agathine remercia Lisa de s’être déplacée. Alexis, le doigt sur le bouton de l’appareil photo numérique emprunté à ses parents, semblait prêt à immortaliser le meilleur cliché de la rencontre.

- Maintenant, c’est à toi de jouer, petite fée, annonça la vieille dame.

Soudain, l’imprévisible se produisit. Une indésirable sonnerie de portable, pourtant agréable à l’oreille, retentit. Paniqué, Mathew se hâta de fouiller son sac à dos et d’éteindre l’infortuné téléphone, sous le regard foudroyant de son copain. Les trois gamins retinrent leurs souffles et évitèrent de bouger. Attirées par le bruit inhabituel, les deux femmes détournèrent la tête, tout en se doutant néanmoins de quoi il retournait. Agathine, bienveillante, prodigua ses derniers conseils.

- Méfies-toi des rumeurs ! Elles peuvent t’amener à faire des choses qui te dévieraient de ta véritable mission.

Remplie de tant de recommandations utiles, la jeune femme reprit la route guillerette. Le temps de jeter un coup d’œil furtif vers les fameuses graminées qu’une étincelle dorée surgissait dans ses pupilles, instantanément.

La chaleur qui s’abattit ce jour-là sur la région incita davantage au farniente. Fidèle à son habitude matinale, la pétillante Lisa se rendit au marché, son panier en osier au bras. Sa démarche élégante imposait l’admiration. Elle en profita pour faire un détour dans les étroites ruelles afin de saluer le père bourru. Ce nom, il le méritait bien. Vieilli avant l’âge, l’homme manifestait constamment sa mauvaise humeur. Jamais content, toujours bougon, il criait sur tout ce qui bougeait, surtout sur ses congénères. Pas question pour un simple escargot de s’installer dans son lopin de terre et de grignoter une de ses salades qu’il n’hésitait pas à asperger de produits au péril de sa santé d’ailleurs. Pas plus qu’il n’autorisait le moindre mulot à traverser sa maison, trouée de toute part. Quant aux chiens et chats qui s’aventuraient sur son territoire, je ne vous en dis pas plus.

- Bonjour, Monsieur Victor ! Comment allez-vous ?

Lisa, gentille, le gratifiait de délicates paroles en l’appelant par son véritable nom, même si elle savait pertinemment qu’elle ne recevrait aucune réponse. Tout juste un geste évasif de la main tant il semblait occupé à surveiller son carré de jardin.

- Si vous le désirez, je peux vous faire vos courses, offrit-elle. Cela vous évitera de rencontrer ceux que vous ne souhaitez pas voir.

- M’ouais ! J’vais réfléchir. En attendant, foutez-moi le camp ! Laissez-moi tranquille !

Lisa ne s’offusqua pas de cette agressivité et s’éloigna non sans lui avoir envoyer des vibrations d’amour et de compassion.

Enfin la fraîcheur d’une nuit qui s’annonçait sereine, succéda à la canicule du jour. Les chants des grillons se rythmaient harmonieusement avec les cris des prédateurs nocturnes. Le jasmin exhalait de tout son pouvoir envoûtant et embaumait l’atmosphère.

De nouveau camouflés derrière des buissons de romarin, cette fois-ci, les deux compères reporters se mirent à l’affût, juste en bas de la chambre de Lisa, située au premier étage. Selon Alexis, un bon journaliste se devait de suivre son instinct et celui-ci lui dictait d’espionner la jeune nounou...

A suivre...

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