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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 16:47

 

En français :

Le projet de la Grande rivière artificielle de Libye et les crimes de guerre de l'OTAN

Par : http://mathaba.net/go/?http://www.opednews.com/articles/The-GMMR-Proj...

Par Frances Thomas

Mouammar Kadhafi [ en 1991 ] : "Après la réalisation de ce projet, les menaces américaines contre la Libye vont doubler... Les États-Unis vont faire des excuses, mais la vraie raison, c'est qu'ils veulent stopper cette réalisation pour maintenir leur pression sur le peuple de Libye."

Le premier septembre, c'est l'anniversaire d'un événement peu connu en Occident. Aujourd'hui, 20 ans après, le peuple qui mérite de le célébrer, au contraire, subit une guerre. Pourtant, la réalisation a changé sa vie considérablement et mérite d'être reconnue.

Un robinet a été ouvert en Libye. À partir d'un énorme aquifère ancien, profondément enfoui sous le désert du Sahara, de l'eau fraîche a commencé à couler vers le nord à travers 1200 kilomètres de canalisations en direction des zones côtières où vivent 90% des Libyens, délivrant environ 1 million de mètres cubes d'eau pure par jour aux villes de Benghazi et Syrte.

Des foules se sont rassemblées dans le désert pour la cérémonie inaugurale. La première phase de la plus grande aventure civile du monde, le projet de la Grande rivière artificielle, venait d'être réalisé.

Ce fut pendant la recherche en 1953 de nouveaux champs de pétrole en Libye du Sud que les aquifères anciens furent d'abord découverts, quatre énormes bassins avec des capacités estimées pour chacun entre 4800 et 20 000 km³. Oui, il s'agit bien de kilomètres cubes. Il y a tellement d'eau que la Libye, récemment, en avait aussi offert à l'Égypte pour ses besoins.

Après la révolution sans effusion de sang de 1969, également le 1er septembre, le nouveau gouvernement nationalisa les compagnies pétrolières et dépensa une bonne partie des revenus pétroliers pour exploiter la fourniture d'eau fraîche à partir des aquifères du désert grâce au percement de puits. Le rêve de Mouammar Kadhafi, c'était de mettre de l'eau fraîche à la disposition de tout le monde, et de faire verdir le désert, en rendant la Libye auto-suffisante pour sa production de nourriture. Il établit de grandes fermes et encouragea les gens à s'installer dans le désert. Mais beaucoup préférèrent vivre sur la côte et ne voulurent pas partir.

C'est pourquoi Kadhafi conçut ensuite un plan pour amener l'eau au peuple. Des études de faisabilité furent menées par le gouvernement libyen dans les années 70, et, en 1983, fut mise en place l'Autorité De La Grande Rivière Artificielle. Le Projet commença l'année suivante, totalement financé par le gouvernement libyen . Le coût, de presque 30 milliards de dollars jusqu'à présent, a été financé sans qu'il fût besoin d'aucun prêt international. Il n'y a pas eu non plus de taxe imposée au peuple, qui ne paye pas le réseau de distribution d'eau, regardé en Libye comme un droit humain, donc gratuit.

Les chiffres du projet Grande rivière artificielle sont stupéfiants. Les « rivières » représentent un réseau de 4000 km de canalisations en béton de 4 m de diamètre, enterrées sous les sables du désert pour empêcher l'évaporation. Il y a 1300 puits, 500 000 sections de canalisations, 3700 km de routes, et 250 millions de mètres cubes d'excavation. Tout le matériel pour le projet fut fabriqué localement. De grands réservoirs permettent le stockage, et des stations de pompage contrôlent le débit en direction des villes. La canalisation atteignit Tripoli pour la première fois en 1996, et lorsque la phase cinq sera achevée, l'eau va permettre la culture d'environ 155 000 ha de terrain.

Pour mener à bien tout cela, il y eut un appel d'offres et de nombreuses compagnies étrangères, y compris des États-Unis, de Corée, de Turquie, de Grande-Bretagne, du Japon, l'Allemagne conclurent des contrats pour chaque phase, et certaines ont travaillé en Libye pendant des dizaines d'années. Le projet n'a pas été mené sans problème, qu'il s'agît de matériels défectueux, ou de difficultés financières pour quelques-unes des compagnies contractantes. Depuis que les attaques aériennes de l'OTAN sur la Libye ont commencé en mars, la plupart des étrangers sont retournés chez eux, y compris ceux qui s'occupaient du système hydraulique . La phase finale du projet de la Grande Rivière artificielle est au point mort.

Le peuple libyen prit à cœur l'ouvrage du projet Grande rivière artificielle depuis le début, et, depuis des années, a pris en main la plus grande partie des questions de management et techniques, à mesure que son expertise augmentait, grâce à une politique gouvernementale encourageant son éducation, sa formation et son emploi. Le peuple libyen appelle fièrement la Grande rivière artificielle « la huitième merveille du monde ».

Le projet fut reconnu internationalement, à tel point que l'Unesco, en 1999, accepta l'offre de la Libye de financer un prix nommé justement le Prix international de la Grande Rivière artificielle, et dont le but est de « récompenser un travail de recherche scientifique remarquable concernant l'utilisation de l'eau dans les zones arides ».

Kadhafi fut souvent ridiculisé en Occident pour avoir persévéré dans un projet si ambitieux. Dans les médias anglais et américains, on utilisa des termes péjoratifs comme « rêve de canalisations » ou encore « projet favori » ou encore « chien fou ». Malgré un certain respect pour l'énormité de la construction, la Grande Rivière artificielle fut souvent rejetée comme « un projet vaniteux », et ne fut par la suite que rarement mentionnée dans les médias occidentaux. Mais, en vérité, c'est un projet de distribution d'eau de stature mondiale, souvent visité par des ingénieurs étrangers et par des urbanistes désireux d'apprendre des experts libyens l'Hydro-ingénierie de l'acheminement d'eau.

Le 22 juillet cette année, après quatre mois de frappes aériennes « pour protéger les civils », les frappes des forces de l'OTAN atteignirent la canalisation de fourniture d'eau de la Grande rivière artificielle. Pour faire bonne mesure, le jour suivant, l'OTAN détruisit l'usine, près de Brega, qui produit les canalisations permettant de réparer, et en même temps l'OTAN tuait six des gardiens de l'usine.

Les frappes aériennes de l'OTAN sur le réseau électrique, non seulement privèrent les civils d'électricité, mais aussi rendirent les stations de pompage inopérantes dans les zones où les canalisations étaient restées intactes. La fourniture d'eau pour les 70 % de la population qui dépend du réseau a été compromise par cet endommagement de l'infrastructure vitale de la Libye.

Au fait, attaquer une infrastructure civile essentielle est un crime de guerre.

Aujourd'hui à Syrte, qui, avec Benghazi, fut une des deux premières villes à recevoir l'eau, il devrait y avoir une célébration pour marquer le 20ème anniversaire de l'arrivée de l'eau fraîche du réseau à leur ville pour la première fois, et la vision de Kadhafi devrait être honorée.

Mais aujourd'hui, Syrte est encerclée par les rebelles, et, en ce moment même, reçoit un tapis de bombes de l'OTAN . Les civils sont terrorisés, et de nombreuses familles ont tenté de fuir. Mais les rebelles bloquent les issues, ils tuent les hommes et renvoient les femmes et les enfants dans la ville pour se faire bombarder. Dans les médias, il est dit que les rebelles ont donné à Syrte jusqu'à samedi pour se rendre avant de commencer pleinement à attaquer . Mais ce n'est pas ce qui se produit en réalité.

Le 1er septembre 2011, on s'en souviendra dans l'histoire pour la complicité de l'OTAN dans le massacre du peuple de Syrte.

Retour à 1991, au gala d'ouverture de la Grande rivière artificielle, phase 1. Mouammar Kadhafi, se souvenant peut-être du bombardement de sa maison en 1986 (effectué par l'armée américaine, sur les ordres de Reagan), prononça ces mots devant les dignitaires de tous les pays qui avaient été invités, et devant la foule rassemblée :

"Après cet achèvement, les menaces américaines contre la Libye vont doubler... Les États-Unis vont faire des excuses, mais la vraie raison, c'est de stopper cette réalisation, pour maintenir l'oppression du peuple libyen. »

Ses paroles étaient prophétiques.

Frances Thomas est une écrivaine et chercheuse qui vit en Nouvelle-Zélande. Elle s'intéresse à l'Histoire, à la politique, à la philosophie, à la religion, aux inventions pratiques, et à la bonne santé venant de la bonne terre. Elle admire ceux qui travaillent pour un monde juste et sans chercher à exploiter.

 

 
In english :
 
Muammar Gaddafi: "After this achievement, American threats against Libya will double... The United States will make excuses, but the real reason is to stop this achievement, to keep the people of Libya oppressed"
 

By Frances Thomas

September 1st is the anniversary of an event little known in the West. Today, twenty years on, the people who deserve to be celebrating it, are instead enduring a war. Yet the achievement changed their lives greatly and merits recognition.

A tap was turned on in Libya. From an enormous ancient aquifer, deep below the Sahara Desert, fresh water began to flow north through 1200 kilometres of pipeline to the coastal areas where 90% of Libyan people live, delivering around one million cubic metres of pure water per day to the cities of Benghazi and Sirte.

Crowds gathered in the desert for the inaugural ceremony. Phase I of the largest civil engineering venture in the world, the Great Man-made River Project, had been completed.

It was during the 1953 search for new oilfields in southern Libya that the ancient water aquifers were first discovered, four huge basins with estimated capacities each ranging between 4,800 and 20,000 cubic kms. Yes, that’s cubic kilometres. There is so much water that Libya had recently also offered it to Egypt for their needs.

After the bloodless revolution of 1969, also on September 1, the new government nationalised the oil companies and spent much of the oil revenues to harness the supply of fresh water from the desert aquifers by putting in hundreds of bore wells. Muammar Gaddafi’s dream was to provide fresh water for everyone, and to turn the desert green, making Libya self-sufficient in food production. He established large farms and encouraged the people to move to the desert. But many preferred life on the coast and wouldn’t go.

So Gaddafi next conceived a plan to bring the water to the people. Feasibility studies were carried out by the Libyan government in the seventies and in 1983 the Great Man-made River Authority was set up. The project began the following year, fully funded by the Libyan government. The almost $30 billion cost to date has been without the need of any international loans. Nor has there been any charge on the people, who do not pay for their reticulated water, which is regarded in Libya to be a human right and therefore free.

To read more, go on http://www.mathaba.net/news/?x=628492

 

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