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  • : Ma nation, c'est l'infini. Aller au-delà des frontières, terrestres, planétaires, galactiques, ethniques, culturelles, génétiques, sexuelles et autres, c'est le début de la liberté et de l'amour universel. My nation is the Infinite. To go beyond terrestrial, planetary, galactical, ethnic, genetic, sexual and others frontiers. This is the beginning of freedom and universal love.
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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 20:14
"Avant, je travaillais pour payer mes factures". "Je me sens libre".
 
http://images.midilibre.fr/images/2013/11/29/cyril-ne-souhaite-pas-recevoir-les-aides-de-l-etat-il-a_744067_510x255.jpg
 
 

Malgré le froid saisissant, Cyril est dans la rue, tous les jours à Bagnols-sur-Cèze dans le Gard. Il est SDF. Une vie rude mais qu'il a choisie.

"C’est mon choix." Tous les matins depuis un an, Cyril arrive en vélo et s’installe en face de la Maison de la presse, rue de la République à Bagnols-sur-Cèze. Une casquette par terre. "Je n’interpelle pas les gens. Ce sont eux qui viennent vers moi. Ils donnent ce qu’ils veulent. Ça s’est toujours bien passé."

Il fait partie du "paysage"

Souriant et bien dans ses baskets, il a sympathisé avec les passants, les riverains et les commerçants à qui, il donne de nombreux coups de main. Quand la rue piétonne s’éveille, ces derniers lui offrent le café. Lui ouvre le rideau de fer de l’un, aide à sortir les DVD de l’autre...

Une liste non exhaustive tant Cyril fait désormais partie du réseau de l’artère principale de Bagnols. "C’est un voisin, un collègue, témoigne Maria, gérante de la Maison de la presse, il n’est pas intrusif, il est avenant et sait écouter." "On est devenu ami", raconte Thierry, avec qui Cyril jouait tous les vendredis à la pétanque jusqu’au grand froid. Quand le SDF n’est pas à son poste, un de ses voisins répond à ceux qui s’inquiètent : "Il est fermé aujourd’hui !"

"Avant, je travaillais pour payer mes factures"

Cyril a tout plaqué en 2012. Il vivait en région parisienne depuis vingt ans. A exercé différents métiers : poissonnier, technicien du spectacle à Disneyland, dans la restauration... "J’ai réalisé que je travaillais pour payer mes factures. Quitte à être dans la galère, je me suis dit autant l’être pour de bon." Et de citer Aznavour : "Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil."

Or, Cyril n’a jamais oublié le soleil du Gard rhodanien où il est arrivé à l’âge de 14 ans et où il a passé son adolescence. À Saint-Paulet-de-Caisson. Au collège George-Ville de Pont et au lycée des Eyrieux de Bagnols. "J’ai retrouvé des amis de l’époque." Bref, en septembre 2012, il enfourche son vélo et pédale. Chaque jour passé le rapproche du Sud. "J’allais dans les offices du tourisme pour prendre des renseignements et des cartes. Avec ce voyage, j’ai rencontré plein de monde."

Il dort "au chaud" dans une tente avec 15 degrés

Son projet : "Profiter de la vie. Trouver un bout de terrain et cultiver un potager, élever quelques poules et lapins pour être autosuffisant." Après quelques mois de “galère” - il vit avec d’autres sans domicile fixe dans un squat à Pont -, quelqu’un lui prête un terrain et une petite grange inoccupés. Sans eau, sans électricité. Il s’organise.

Un ami qu’il a aidé à déménager lui donne un insert, pas encore en service mais il y travaille. Il fait une “isolation-armature” en bambou, notamment. Et dort sous une tente, fermée hermétiquement dans ce cabanon. "Petit à petit, je me fais un nid douillet. Il fait 15° C, c’est supportable, je me couvre bien. J’ai même enlevé un de mes pulls cette nuit !"

L’eau, il va la chercher à la fontaine, l’électricité, il n’en veut pas. Il a une lampe frontale, se lève et se couche en même temps que le soleil. Hiver oblige, il se douche dans les locaux d’une association et ses amis de la République lui répètent : "Tu viens à la maison quand tu veux."

"Je me sens libre"

"Je savais comment je voulais vivre. Je ne suis pas désespéré. Je ne suis pas fainéant. Je n’ai pas besoin d’autant d’argent qu’avant. Je fais du sport tous les jours. Je marche dans la nature. Et je ne coûte rien à la société. Le système ne me convenant pas, j’en suis sorti. Je ne veux pas des minima sociaux. Je trouve plus juste de faire la manche, car les gens donnent ce qu’ils veulent. Alors qu’avec le RSA, les gens n’ont pas le choix. Ce sont les impôts."

Il a réfléchi à ses besoins essentiels : se nourrir, s’hydrater et avoir un coin au chaud, "le reste, c’est du superflu. Ma télé, c’est la nature, les oiseaux, renards...". Dix euros par jour lui sont nécessaires, en plus de la récup’. Tous les quinze jours, il va chercher des denrées au Secours populaire de Pont, pour lequel il se fait un devoir de contribuer à hauteur de 2,5 €. "Je leur rends la pareille en étant bénévole." Il s’occupe du terrain pour installer un potager, et il l’espère, bientôt des poules et des lapins.

Un "chasseur cueilleur des temps modernes"

Il chasse, pêche, va cueillir des champignons... "Je suis un chasseur-cueilleur des temps modernes, un SDF nouvelle génération", glisse-t-il, les yeux pétillants. "J’avais besoin de me poser, près de la nature. J’ai trouvé un équilibre. Je n’ai plus la pression en me levant le matin. Je me sens libre. Je revis."

Et ses deux grands enfants, restés en région parisienne ? "Me connaissant, ça ne les étonne pas. Je vais aller les voir avant Noël avec une dame qui fait le trajet et qui m’a proposé de m’amener." Tous décrivent le quadragénaire gentil et serviable. Et ils le lui rendent bien.

 
Bagnols-sur-Cèze : Cyril, "Je suis un SDF nouvelle génération"

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Published by Françoise - dans crise financière
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